mardi 3 novembre 2026 S’abonner à la newsletter
Droit du travail

Retraite 2026 : 70 000 départs supplémentaires attendus après la suspension de la réforme Borne

La suspension de la réforme des retraites de 2023 produit un effet massif : les départs à la retraite s'envolent en 2026, bien au-delà des prévisions de l'Assurance retraite.

L’essentiel

  • 905 000 dossiers de départ devraient être traités par l’Assurance retraite d’ici la fin 2026.
  • 70 000 départs de plus qu’en 2025, une hausse directement liée à la suspension de la réforme Borne.
  • 46 000 retraites progressives attribuées de janvier à septembre 2026, soit deux fois plus que l’an dernier.

La Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) s’attend à une année record. Son directeur général, Paul Bazin, a indiqué dans un entretien aux Échos que l’Assurance retraite aura traité 905 000 dossiers de départ fin 2026, soit 70 000 de plus qu’en 2025. La raison de ce pic : la suspension jusqu’en janvier 2028 de la réforme Borne, qui devait relever progressivement l’âge légal de départ à 64 ans.

Pourquoi les départs à la retraite explosent en 2026

Votée dans le budget de la Sécurité sociale, la suspension de la réforme Borne se traduit par un décalage dans le temps de sa mise en application. Elle suspend jusqu’en janvier 2028 la marche vers un âge légal de départ à 64 ans, comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser pour partir à taux plein.

Concrètement, la génération née en 1964 peut partir à 62 ans et 9 mois au lieu des 63 ans prévus par la réforme, soit à partir d’octobre 2026 au lieu de début 2027. Au total, cinq générations de travailleurs gagnent ainsi quelques mois, ce qui encourage les salariés éligibles à liquider leurs droits dès cette année.

La retraite progressive, un succès qui surprend l’Assurance retraite

Le dispositif de retraite progressive, longtemps resté marginal, connaît une envolée spectaculaire. L’Assurance retraite a enregistré 46 000 attributions de janvier à septembre 2026, contre 22 000 l’an dernier à la même période, un niveau qualifié de « succès extrêmement fort » par Paul Bazin.

Rappelons le principe : dès 60 ans et 150 trimestres cotisés, un salarié peut passer à temps partiel tout en touchant une partie de sa pension, au prorata du temps non travaillé. La réforme Borne a musclé le dispositif en le rendant contraignant pour l’employeur, qui ne peut plus s’opposer à une demande de retraite progressive sauf motif légitime.

Des délais de traitement tenus malgré l’afflux de dossiers

Malgré la très forte hausse des demandes, le délai de traitement ne s’est pas dégradé, assure le directeur général de la Cnav. Plus de 95 % des assurés se voient verser leur pension dans les temps, un chiffre rassurant pour les salariés qui hésitent encore à partir.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de revalorisation des pensions : les retraites complémentaires Agirc-Arrco ont été revalorisées de 1,4 % au 1er novembre 2026, et le Smic augmente également en décembre, de quoi améliorer le pouvoir d’achat des nouveaux retraités.

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