Recrutement : les métiers en forte tension représentent 46 % de l’emploi en 2025
La Dares vient de publier son bilan des tensions sur le marché du travail en 2025 : le recrutement se détend nettement, mais près d'un métier sur deux reste difficile à pourvoir.
- 46 % de l’emploi total : la part des métiers en tension forte ou très forte en 2025, contre 56 % en 2024.
- La moitié des métiers restent en tension forte ou très forte, un niveau au plus bas depuis 2017 hors crise sanitaire.
- 30 métiers demeurent sous forte pression, principalement en raison d’exigences de formation et de diplômes.
Le marché du travail français se détend, mais il reste loin d’être fluide. Dans sa dernière étude consacrée aux tensions sur le marché du travail en 2025, la Dares constate que la moitié des métiers demeurent en tension forte ou très forte, soit 46 % de l’emploi total. Un chiffre en net recul par rapport à 2024, où ces tensions concernaient 56 % de l’emploi et près des deux tiers des métiers.
Un reflux des tensions au plus bas depuis 2017
La part des métiers en forte tension baisse nettement. En 2024, près des deux tiers des métiers étaient concernés, pour 56 % de l’emploi total. En 2025, ils ne représentent plus que la moitié des métiers et 46 % de l’emploi. Selon la Dares, ce niveau n’avait plus été observé depuis 2017, hors crise sanitaire, signe d’un véritable desserrement du marché du travail dans l’ensemble des régions et des secteurs.
Pour mesurer cette tension, la Dares s’appuie sur un indicateur composite qui combine les difficultés de recrutement anticipées par les employeurs, le rapport entre offres d’emploi et demandeurs, et la facilité à retrouver un emploi. Ce recul touche l’ensemble des grands domaines professionnels, ce qui confirme une normalisation générale plutôt qu’un simple effet de secteur. Concrètement, un métier est dit en tension lorsque les recruteurs peinent à pourvoir leurs postes alors que des offres restent non satisfaites, un déséquilibre qui pèse à la fois sur les entreprises et sur les candidats.
Ce desserrement s’explique d’abord par un rythme d’embauches moins soutenu. Les recrutements retrouvent progressivement un niveau proche de celui d’avant la crise sanitaire, ce qui réduit la pression sur le vivier de candidats disponibles dans de nombreux métiers. Malgré ce reflux, 44 % des entreprises peinent toujours à recruter, un signal qui nuance la détente observée.
Mécanique, électricité, BTP : des secteurs encore sous pression
Le reflux est particulièrement marqué dans les secteurs qui comptaient parmi les plus tendus après la crise sanitaire. Les difficultés de recrutement y diminuent fortement, mais les niveaux restent très élevés :
- la mécanique et le travail des métaux
- l’électricité-électronique
- la maintenance
- le BTP
Dans les industries de process, l’informatique et les télécommunications, ainsi que la santé et l’action sociale, la baisse ramène les tensions d’un niveau très fort à un niveau fort. Un léger mieux pour les employeurs, qui doivent néanmoins composer avec des besoins toujours importants de main-d’œuvre qualifiée.
Face à ces pénuries persistantes de profils expérimentés, les entreprises élargissent leur vivier. La mobilité des salariés en fin de carrière devient un levier de plus en plus utilisé, à l’image des dispositifs lancés par plusieurs grands groupes pour favoriser les secondes parties de carrière. Ces besoins s’inscrivent dans la durée : portés par la transition énergétique, la rénovation et la digitalisation de l’industrie, ils ne dépendent pas seulement de la conjoncture.
Trente métiers où la formation fait toujours défaut
Si la tension recule globalement, une trentaine de métiers restent durablement en difficulté. La Dares pointe des exigences de formation et de diplômes qui limitent le vivier de candidats, malgré des conditions de rémunération souvent attractives. Ces métiers qualifiés souffrent avant tout d’un manque de profils formés, davantage que d’un défaut d’attractivité. Souvent situés dans l’industrie, la construction ou les fonctions techniques, ces postes offrent pourtant des débouchés solides et des rémunérations qui progressent, mais le réservoir de candidats formés reste trop étroit.
Pour les candidats en quête d’un poste, ces métiers en tension représentent de véritables opportunités, à condition de se former. La reconversion professionnelle devient une clé d’accès privilégiée vers ces filières qui recrutent, alors même que la revanche des métiers manuels face à l’IA redessine les équilibres du marché de l’emploi.
Le message des chiffres de la Dares est donc nuancé : moins de tension ne signifie pas un marché apaisé. Les employeurs doivent toujours convaincre sur les métiers les plus qualifiés, tandis que les candidats qui acceptent de se former y trouvent des opportunités stables et durables.