mardi 3 novembre 2026 S’abonner à la newsletter
Actualités de l'emploi

Chômage à l’âge légal : France Travail peut payer l’allocation jusqu’à 67 ans, à 5 conditions

Perdre son emploi après 60 ans sans avoir réuni tous ses trimestres peut conduire à liquider une retraite amputée, mais une règle de l'assurance chômage permet à France Travail de continuer à verser l'allocation au-delà de l'âge légal, jusqu'à 67 ans au plus.

L’essentiel

  • France Travail peut maintenir l’allocation chômage après l’âge légal, jusqu’au taux plein et au plus tard jusqu’à 67 ans.
  • Le maintien exige 5 conditions cumulatives : 12 ans d’affiliation, 100 trimestres validés et au moins un an d’indemnisation.
  • Partir avant le taux plein coûte 0,625 point de taux par trimestre manquant, une réduction figée pour toute la retraite.

Un salarié de 61 ans perd son emploi alors que l’âge légal de la retraite approche, sans avoir validé tous ses trimestres. Demander sa pension immédiatement revient à accepter une réduction à vie. Pour franchir ce cap sans se retrouver sans revenu, l’assurance chômage prévoit un dispositif précis : le maintien de l’allocation après l’âge légal.

Les 5 conditions pour garder l’allocation après l’âge légal

Le maintien de l’allocation n’a rien d’automatique. La fiche de l’Unédic, l’organisme qui gère l’assurance chômage, pose cinq conditions cumulatives, appréciées au moment où l’âge légal est atteint.

  • Être indemnisé depuis au moins un an : l’allocation doit déjà être versée depuis une année entière.
  • Justifier de 12 ans d’affiliation : douze années de travail salarié couvertes par l’assurance chômage, sur toute la carrière.
  • Totaliser au moins 100 trimestres validés pour la retraite, tels qu’ils figurent sur le relevé de carrière.
  • Avoir travaillé récemment : une année continue, ou deux années discontinues, d’emploi au cours des cinq dernières années.
  • Ne pas avoir encore le taux plein : c’est la raison d’être du dispositif.

Le premier critère surprend souvent. Un senior indemnisé depuis moins d’un an à son âge légal n’a pas droit au maintien, même s’il remplit les quatre autres conditions. Les deux compteurs ne mesurent pas la même chose : l’affiliation ne retient que le travail salarié ayant donné lieu à des cotisations chômage, tandis que les trimestres validés incluent aussi le chômage indemnisé ou l’arrêt maladie.

Jusqu’à 27 mois d’allocation, puis un relais vers la retraite

Avant l’âge légal, l’allocation des seniors a une durée maximale qui dépend de l’âge. Depuis 2025, les demandeurs d’emploi de 55 ou 56 ans peuvent être indemnisés jusqu’à 22,5 mois, et ceux de 57 ans et plus jusqu’à 27 mois.

Ces durées ne suffisent pas toujours pour atteindre la retraite. L’âge légal va de 62 ans et 9 mois à 64 ans selon l’année de naissance, et reste figé jusqu’en janvier 2028 après la suspension de la réforme de 2023. C’est à cet âge que le maintien peut démarrer, jusqu’au taux plein ou, à défaut, jusqu’à 67 ans, l’âge du taux plein automatique.

Un assuré né en 1964 et indemnisé depuis ses 61 ans voit ses 27 mois de droits s’épuiser à 63 ans et 3 mois. S’il remplit les conditions, l’allocation continue au-delà, jusqu’à ses 170 trimestres exigés, ou 67 ans au plus tard. Pour un assuré né à partir de 1969, dont l’âge légal est de 64 ans, cette fenêtre de maintien se réduit à 3 ans. Dans un marché où l’emploi salarié privé a perdu 25 800 postes au 3e trimestre 2026, ce filet de sécurité change tout pour les fins de carrière.

Partir sans le taux plein : une réduction à vie

Le maintien est d’abord un choix financier. Une retraite demandée avant le taux plein subit une réduction de 0,625 point de taux par trimestre manquant, sur un taux plein de 50 %. Cette décote est arrêtée le jour de la demande et ne disparaît jamais.

Rester indemnisé n’exige au contraire aucun versement. Les périodes de chômage indemnisé continuent de valider des trimestres pour la retraite, ce qui rapproche du taux plein à chaque trimestre. Le taux plein supprime la réduction de taux, mais la pension reste calculée au prorata des trimestres réellement acquis, à hauteur de 50 % du salaire moyen des 25 meilleures années.

Le dispositif a toutefois ses limites : l’allocation s’arrête dès que le dernier trimestre manquant est validé, et le cap des 67 ans met fin au versement quel que soit le nombre de trimestres. Racheter des trimestres reste possible pour limiter la décote, mais l’opération coûte cher. Vérifier son relevé de carrière des années à l’avance reste donc essentiel, car un trimestre oublié peut faire échouer le maintien puis réduire la pension.

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