Beneteau à Canet : 60 emplois et 10 millions d’euros d’investissement annoncés en 2026
Le Groupe Beneteau annonce la création à Canet-en-Roussillon d'un pôle de services et de reconditionnement de bateaux, avec 60 créations d'emplois et 10 millions d'euros d'investissement à la clé.
- 60 emplois supplémentaires visés d’ici la mise en service, envisagée à la mi-2029.
- 10 millions d’euros d’investissement au total, répartis sur deux phases à Canet-en-Roussillon.
- 130 bateaux par an à reconditionner d’ici 2030 dans le cadre du programme NEO du groupe.
Le Groupe Beneteau veut faire de Canet-en-Roussillon une référence méditerranéenne des services aux grandes unités. Confronté au repli du marché du nautisme après les années fastes du Covid, le constructeur mise sur le reconditionnement de bateaux d’occasion pour relancer sa croissance. Porté par sa filiale BMS, ce projet représente 10 millions d’euros d’investissement et doit générer 60 emplois dans les Pyrénées-Orientales, avec une mise en service envisagée à la mi-2029.
Un pôle de 25 000 m² dédié aux grandes unités
Dévoilé vendredi 23 octobre à l’occasion du salon Les Occasions du Multicoque et du Refit, le projet prévoit une implantation sur 25 000 m² au sein du pôle nautique de Canet-en-Roussillon, en deux phases. La première, d’une surface de 15 000 m² dont 2 200 m² de bâtiments, doit s’installer dans la zone SPL3 du pôle nautique.
Ce futur établissement accompagnera la croissance de BMS, entreprise canétoise spécialisée dans l’entretien, la personnalisation et la rénovation de grands catamarans de 60 à 80 pieds, soit 20 à 25 mètres. Intégrée au Groupe Beneteau en octobre 2025, BMS emploie aujourd’hui 20 salariés et a réalisé un chiffre d’affaires de 3,3 millions d’euros en 2025.
Le futur pôle poursuit trois objectifs concrets :
- Développer les services aux grandes unités de 60 à 80 pieds ;
- Industrialiser le reconditionnement de bateaux d’occasion des marques du groupe ;
- Accompagner la croissance de BMS, intégrée à Beneteau depuis octobre 2025.
Le groupe ambitionne de faire de ce site une référence mondiale pour les bateaux de 60 à 80 pieds. Selon le constructeur, 15 000 bateaux issus du groupe naviguent aujourd’hui dans le monde, un parc qui justifie cette montée en capacité de reconditionnement.
60 créations de postes et 10 millions d’euros d’investissement
Les effectifs du site pourraient atteindre 80 salariés, soit 60 créations de postes au total, alors que BMS en compte actuellement 20. La mise en service de la première phase est envisagée à la mi-2029, sous réserve des études et autorisations nécessaires. Le groupe investit 5 millions d’euros dans cette première tranche.
La seconde phase, qui porte sur une extension de 10 000 m², représente autant d’investissement, soit 10 millions d’euros au total pour l’ensemble du projet. Elle abritera un centre d’expérience et un espace de formation destiné aux propriétaires et aux équipages, avec des sessions consacrées à la navigation, à la sécurité et aux équipements embarqués. Sa mise en service est envisagée entre 2030 et 2035.
La croissance des effectifs sera progressive. Le recrutement de profils très qualifiés pourra s’appuyer sur l’Institut Nautique de Méditerranée, dont la construction s’achève à Canet et qui doit être opérationnel au 1er janvier 2027. Un enjeu d’attractivité auquel font face de nombreux secteurs, comme le montre le classement des employeurs préférés des cadres en 2026.
Reconditionner 130 bateaux par an pour relancer la croissance
Le site doit renforcer le programme NEO du groupe, consacré à la remise à neuf des bateaux d’occasion des marques Lagoon, Beneteau et Jeanneau. Cette activité consiste à moderniser les embarcations en s’appuyant sur les plans, les pièces et l’expertise technique du constructeur. Après deux premiers catamarans reconditionnés au premier semestre 2026, le groupe ambitionne de traiter 130 bateaux par an à l’horizon 2030, dont une dizaine de grandes unités à Canet.
Un centre de courtage sera par ailleurs créé pour les bateaux d’occasion. « Nous voulons développer à Canet un pôle méditerranéen de services aux grandes unités », souligne Clément Himily, directeur général de la Business Unit Voile de Beneteau, qui y voit « un nouveau levier de croissance ». Pour l’industriel, « la limite, ce n’est pas le marché, c’est la capacité de reconditionner » : prolonger la vie d’un bateau réduit son coût et répond aux enjeux de développement durable.
Le contexte explique ce pari. Après les années fastes liées au Covid, le marché du nautisme est en repli, et le reconditionnement devient un relais de croissance : il répond aux propriétaires qui revendent leur bateau, accompagne les acheteurs avec une embarcation remise à neuf et satisfait les demandes des compagnies de location. Prolonger la durée de vie des bateaux déjà en circulation est aussi un levier pour maintenir l’activité des sites industriels du groupe.
Fondé il y a 140 ans, le Groupe Beneteau réalise un chiffre d’affaires de 849 millions d’euros et emploie 6 200 personnes dans le monde. Cette annonce intervient alors que l’emploi salarié privé a perdu 25 800 postes au troisième trimestre 2026, une actualité qui renforce la portée de ces créations d’emplois à venir.