Économie sociale et solidaire : les recrutements de cadres rebondissent de 4 % en 2026
L'économie sociale et solidaire retrouve une dynamique de recrutement de cadres au premier semestre 2026, selon une étude de l'Apec, même si les salaires proposés restent inférieurs à ceux du reste du secteur privé.
- L’Apec recense 10 200 offres d’emploi cadre dans l’ESS au premier semestre 2026, en hausse de 4 % sur un an, alors que le marché des cadres recule de 2 %.
- Le salaire médian proposé aux cadres de l’ESS atteint 41 000 euros bruts par an, contre 45 000 euros pour l’ensemble des offres.
- Le secteur emploie 2,7 millions de salariés, soit 10,3 % de l’emploi salarié national, mais a perdu 10 400 emplois entre fin 2024 et fin 2025.
L’économie sociale et solidaire demeure un employeur majeur en France, avec 2,7 millions de salariés, soit 10,3 % de l’emploi salarié national. Malgré une contraction de ses effectifs en 2025, le secteur retrouve une dynamique de recrutement de cadres au premier semestre 2026, selon une étude de l’Apec publiée le 30 octobre. Un rebond qui ne gomme pas un écart persistant de rémunération avec le reste du privé.
Des recrutements de cadres qui repartent à la hausse
Les besoins de recrutement se redressent nettement dans l’ESS. Au premier semestre 2026, l’Apec recense 10 200 offres d’emploi cadre dans le secteur, soit une progression de 4 % sur un an, alors que l’ensemble du marché des cadres recule de 2 % sur la même période. L’économie sociale et solidaire concentre désormais 4,9 % des offres d’emploi destinées aux cadres.
Le secteur compte plus de 340 000 cadres en poste, un vivier important qui explique la régularité des besoins de recrutement, même dans un contexte de contraction des effectifs salariés. Entre décembre 2024 et décembre 2025, l’ESS a ainsi perdu 10 400 emplois, sans pour autant freiner les embauches de cadres au semestre suivant.
Les associations restent les principaux recruteurs du secteur, avec 66 % des annonces, devant les mutuelles (13 %), les coopératives (11 %) et les fondations (10 %). Les services dominent largement, puisqu’ils représentent 97 % des offres de l’ESS, contre 72 % pour l’ensemble du marché cadre.
Dans le détail, la santé et l’action sociale arrivent en tête avec 47 % des offres, suivies de la banque et de l’assurance (15 %), des activités associatives et de l’administration publique (13 %), puis de la formation (9 %).
Des salaires en retrait et davantage de CDD
Si les opportunités progressent, les conditions d’emploi restent moins avantageuses que dans le reste du privé. Le salaire brut annuel médian proposé dans les offres cadre de l’ESS atteint 41 000 euros, contre 45 000 euros pour l’ensemble des offres, soit un écart de 4 000 euros par an.
Les écarts varient selon le type d’employeur :
- Mutuelles : 45 000 euros de salaire médian, le plus élevé du secteur ;
- Associations : 40 000 euros de salaire médian ;
- Ensemble du marché des cadres : 45 000 euros, soit 4 000 euros de plus que la moyenne de l’ESS.
Les contrats à durée déterminée sont également plus fréquents dans l’ESS. Ils représentent 26 % des offres des fondations et 20 % de celles des associations, contre seulement 7 % dans l’ensemble du marché des cadres. Un écart de rémunération qui s’inscrit dans un contexte plus large, où de nombreuses branches peinent encore à revaloriser leurs grilles, comme le rappelle notre article sur les 122 branches dont les grilles restent sous le Smic.
De fortes disparités régionales
La dynamique de recrutement de l’ESS présente aussi de fortes disparités territoriales. La Bretagne se distingue avec 7,3 % des offres cadre relevant de l’économie sociale et solidaire, devant la Normandie et la Bourgogne-Franche-Comté (6,8 % chacune), ainsi que la Nouvelle-Aquitaine (6,6 %).
- Bretagne : 7,3 % des offres cadre de l’ESS ;
- Normandie : 6,8 % ;
- Bourgogne-Franche-Comté : 6,8 % ;
- Nouvelle-Aquitaine : 6,6 %.
Cette surreprésentation s’explique notamment par la densité du tissu coopératif breton et bourguignon-franc-comtois, l’importance de l’agriculture normande, favorable aux modèles coopératifs, et le poids des mutuelles en Nouvelle-Aquitaine. Des territoires où le secteur joue un rôle de stabilisation de l’emploi, dans un contexte national où l’emploi salarié privé a perdu 25 800 postes au troisième trimestre 2026, comme le détaille notre article sur la perte de 25 800 postes au 3e trimestre selon l’Insee.