mardi 3 novembre 2026 S’abonner à la newsletter
Salaires

Smic : vers 22 euros net de plus par mois dès le 1er décembre 2026 ?

Le gouvernement envisage d'avancer la revalorisation du Smic au 1er décembre 2026 et d'y ajouter un coup de pouce, une décision attendue avant la mobilisation intersyndicale du 5 novembre.

L’essentiel

  • Le Smic s’élève aujourd’hui à 1 477 euros net par mois, pour plus de 2 millions de salariés.
  • La hausse envisagée atteindrait environ 1,5 %, soit 22 euros net de plus par mois, grâce à un coup de pouce de 0,5 à 0,6 % dès décembre.
  • Les syndicats réclament 100 euros (CFDT) à 10 % (CGT), le gouvernement devant trancher avant le 5 novembre.

Prévue au 1er janvier 2027, la revalorisation annuelle du Smic pourrait finalement intervenir avec un mois d’avance. Le gouvernement étudie la possibilité d’anticiper cette hausse au 1er décembre et d’y ajouter un « coup de pouce » exceptionnel, selon plusieurs sources concordantes. Une manière de répondre à la colère sociale, alors qu’une grève intersyndicale se prépare le 5 novembre.

Une revalorisation avancée d’un mois, avant la grève du 5 novembre

Le Smic est le seul salaire revalorisé automatiquement chaque 1er janvier, en fonction de l’inflation. Pour 2027, cette hausse mécanique est estimée entre 0,8 % et 1 %. Mais face à la mobilisation sociale, le gouvernement étudie la possibilité d’avancer cette échéance au 1er décembre et d’y ajouter un coup de pouce de 0,5 % à 0,6 %. L’objectif : donner une réponse rapide à une colère qui ne retombe pas.

Au total, la hausse atteindrait environ 1,5 %, soit 22 euros net de plus par mois pour un salarié au Smic, aujourd’hui fixé à 1 477 euros net. Le cabinet du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a reçu à tour de rôle les cinq organisations syndicales représentatives et s’est montré ouvert à ce geste, rapporte BFMTV. Rien n’est pour autant décidé, le ministre ayant reconnu ne pas avoir de conviction à ce stade.

Ce que réclament les syndicats, ce que redoute le patronat

Les syndicats jugent cette piste très insuffisante. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, réclame 100 euros net de plus par mois, soit près de 7 % de hausse, tandis que la CGT exige 10 % de revalorisation. Des montants très supérieurs aux 22 euros évoqués par l’exécutif.

Le patronat, lui, s’oppose frontalement à un coup de pouce. Le Medef avertit qu’une telle hausse « mettra les entreprises dans la nasse ». Le ministre du Travail a de son côté chiffré le risque : une augmentation de 150 euros du Smic pourrait faire disparaître jusqu’à 250 000 emplois. Un sujet d’autant plus sensible que 122 branches professionnelles proposent encore des grilles salariales sous le Smic.

Un calendrier serré pour les salariés au Smic

Le gouvernement se donne quelques semaines pour trancher, avec des arbitrages attendus d’ici au 5 novembre, date de la prochaine mobilisation intersyndicale. Le calendrier est serré : trop tard pour une application en novembre, les salaires étant déjà versés, mais encore possible pour un effet au 1er décembre.

Le contexte budgétaire complique l’équation. Les salaires négociés n’ont progressé que de 1,7 % au 3e trimestre 2026, loin de l’inflation, ce qui limite les marges de manœuvre des entreprises comme du gouvernement.

Si le coup de pouce est confirmé, il concernerait directement plus de 2 millions de salariés rémunérés au salaire minimum, ainsi que, par ricochet, les grilles conventionnelles alignées sur le Smic. Une décision qui se jouera donc dans les prochains jours.

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