mardi 3 novembre 2026 S’abonner à la newsletter
Salaires

Salaires négociés : les hausses de 1,7 % restent loin de l’inflation au 3e trimestre 2026

La Banque de France publie ses chiffres sur les salaires négociés : les hausses accordées dans les entreprises restent nettement en deçà de l'inflation, et le pouvoir d'achat des salariés continue de s'éroder.

L’essentiel

  • 1,7 % : la hausse moyenne des salaires négociés dans les accords d’entreprise au 3e trimestre 2026, un rythme inchangé par rapport au trimestre précédent.
  • 2,5 % : l’inflation sur un an au troisième trimestre, soit un écart de 0,8 point avec les accords d’entreprise et de 1,3 point avec les minima de branche.
  • 1,2 % : la progression des minima conventionnels dans les branches professionnelles, encore plus faible que celle des entreprises.

Les salaires négociés progressent trop lentement pour compenser la hausse des prix. Selon la statistique publiée le 30 octobre par la Banque de France, les augmentations prévues par les accords d’entreprise atteignent en moyenne 1,7 % sur un an au troisième trimestre 2026, un rythme identique à celui du trimestre précédent. Dans le même temps, l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation s’établit à 2,5 % : l’écart se creuse et pèse directement sur le pouvoir d’achat des salariés du privé.

Un écart de 0,8 point avec l’inflation

Le décalage entre les négociations salariales et le retour de l’inflation ne se résorbe pas. L’inflation moyenne atteint 2,5 % sur un an au troisième trimestre 2026, après 2,1 % au deuxième trimestre et 1 % au premier, d’après les données de la Banque de France. Face à elle, les hausses négociées dans les accords d’entreprise plafonnent à 1,7 %, ce qui laisse un écart de 0,8 point en défaveur des salariés.

La situation est encore plus tendue dans les branches professionnelles. Les minima conventionnels n’y progressent que de 1,2 %, soit 1,3 point de moins que l’inflation. Concrètement, un salarié dont le salaire de base n’augmente que de 1,7 % alors que les prix grimpent de 2,5 % voit son pouvoir d’achat reculer d’environ 0,8 % sur un an, à rémunération égale.

Précision utile : ces indicateurs portent sur les augmentations du salaire de base négociées collectivement, et non sur l’ensemble des rémunérations effectivement versées, qui évoluent aussi sous l’effet des primes, de l’ancienneté et des promotions individuelles.

Le Smic tire les bas de grille vers le haut

La dynamique est très différente au niveau du salaire minimum. Revalorisé de 2,41 % le 1er juin 2026, le Smic s’établit désormais à 12,31 euros brut de l’heure, soit 1 867,02 euros brut par mois pour un temps plein. Sur un an, son niveau ressort supérieur de 3,6 % à la moyenne de l’année précédente, selon la Banque de France.

Cette progression oblige les branches dont certains minima conventionnels se retrouvent dépassés à réexaminer leurs grilles. La Banque de France relève une hausse de 1,3 % des minima situés à moins de 1,05 Smic, contre 1 % pour ceux qui dépassent 1,6 Smic. Plusieurs branches ont ainsi signé un deuxième accord salarial en 2026 afin de remettre leurs classifications en conformité avec le minimum légal, un rattrapage qui profite d’abord aux salariés les moins bien rémunérés, alors qu’une nouvelle hausse du Smic est attendue en décembre 2026.

Des accords plus nombreux au-dessus de 2 %

La répartition des augmentations évolue malgré tout dans le bon sens. Dans les branches, 24 % des hausses négociées dépassent 2 % au troisième trimestre, contre 16 % au deuxième. Pour les accords d’entreprise, cette proportion passe de 21 % à 29 %, une évolution directement liée à la hausse du Smic et au regain d’inflation constaté sur la période.

  • 24 % : la part des hausses de branche supérieures à 2 % au 3e trimestre, contre 16 % au 2e.
  • 29 % : la part des accords d’entreprise supérieurs à 2 %, contre 21 % trois mois plus tôt.
  • 1,7 % : la moyenne des augmentations d’entreprise, qui reste pourtant inchangée.

Pour autant, la moyenne des augmentations d’entreprise demeure figée à 1,7 % : les accords les plus dynamiques ne suffisent pas à entraîner l’ensemble vers le haut. Ce constat fait écho à une réalité plus large, où de nombreuses branches proposent encore des grilles salariales dépassées par le minimum légal, comme nous le détaillions sur les 122 branches sous le Smic en 2026.

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