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Fiches métiers

Transports : 100 000 postes à pourvoir d’ici 2030, pourquoi les jeunes boudent ces métiers

Conduite, maintenance, ingénierie : la filière des transports publics et ferroviaires doit pourvoir 100 000 postes d'ici 2030, mais elle peine à attirer les jeunes générations.

L’essentiel

  • La filière des transports urbains et ferroviaires vise 100 000 recrutements en France d’ici 2030.
  • Seuls 12 % des jeunes de 12 à 18 ans se projettent dans les transports urbains, et 13 % dans le ferroviaire.
  • À titre de comparaison, 43 % des jeunes envisagent une carrière dans le numérique.

Le constat est sans appel. Alors que le secteur des transports publics et ferroviaires prévoit de recruter massivement dans les prochaines années, une étude Norstat publiée le 22 octobre pour l’Union des transports publics et ferroviaires (UTPF) met en lumière un profond décalage entre les besoins de la filière et les aspirations des jeunes. Ces métiers, pourtant utiles et stables, restent très rarement envisagés comme premier choix de carrière.

Une filière en quête de 100 000 professionnels

La filière des transports urbains et ferroviaires ambitionne de recruter 100 000 professionnels d’ici 2030 en France, dont une grande majorité en Île-de-France. Les besoins couvrent des métiers complémentaires, qui vont de la conduite de bus et de trains à la maintenance des infrastructures et du matériel roulant, en passant par l’ingénierie et la supervision des réseaux. Autant de fonctions indispensables au bon fonctionnement des mobilités du quotidien, alors même que le secteur doit faire face à des départs nombreux et à une demande de transport en constante évolution.

  • Conduite : bus, tramway, métro et train, en première ligne du service aux voyageurs.
  • Maintenance : entretien des infrastructures, des voies et du matériel roulant, un vivier d’emplois techniques.
  • Ingénierie et exploitation : supervision des réseaux, planification et gestion des flux.

Ces postes offrent pourtant des conditions d’emploi solides : des contrats durables, des salaires réguliers et de réelles perspectives d’évolution interne. Certains métiers techniques méconnus affichent d’ailleurs des rémunérations bien supérieures aux idées reçues, à l’image de cet agent de marquage au sol qui peut toucher jusqu’à 4 500 euros par mois.

Le numérique attire, les transports restent à la marge

Le problème ne vient pas d’un manque d’opportunités, mais d’un déficit d’attractivité. Selon l’étude Norstat réalisée pour l’UTPF, seuls 12 % des jeunes de 12 à 18 ans se projettent dans les métiers des transports urbains et 13 % dans le ferroviaire. À titre de comparaison, 43 % des jeunes interrogés envisagent une carrière dans le numérique. Le fossé est donc spectaculaire, alors même que la filière des transports affiche des besoins colossaux.

La filière le reconnaît elle-même : ces métiers sont perçus comme « utiles, stables, mais rarement envisagés pour une carrière ». Le déficit de visibilité joue un rôle central, en particulier auprès des jeunes et des femmes, pourtant largement sous-représentées dans les effectifs. Conduire un bus ou entretenir un train évoque moins spontanément l’avenir que coder une application ou travailler dans la tech.

Cette situation crée un paradoxe : au moment où certains secteurs concentrent l’essentiel des candidatures, d’autres peinent à remplir leurs rangs malgré des postes qualifiés et durables. Une méconnaissance des réalités du métier, des horaires et des conditions de travail contribue à entretenir des représentations dépassées, au détriment des recruteurs comme des candidats.

Le programme Transformeurs pour renverser la tendance

Pour combler ce fossé, la filière a lancé un programme baptisé Transformeurs, destiné à séduire la jeunesse et à promouvoir ses métiers. L’objectif est de rendre visibles les parcours de formation, les passerelles vers l’emploi et les trajectoires de carrière possibles au sein des transports publics et ferroviaires.

Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large de rééquilibrage du marché de l’emploi : quand certains secteurs peinent à recruter, d’autres concentrent l’essentiel des candidatures. Pour les salariés en quête d’un nouveau départ, un bilan de compétences peut justement aider à identifier les filières porteuses, à l’image des métiers des transports, où la demande restera forte au moins jusqu’en 2030.

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