mardi 3 novembre 2026 S’abonner à la newsletter
Fiches métiers

Métiers qui recrutent d’ici 2030 : 760 000 postes à pourvoir chaque année en France

Santé, informatique, bâtiment : quels métiers recruteront le plus en France d'ici 2030 ? Les projections de France Stratégie et de la Dares livrent une réponse chiffrée, largement dominée par le remplacement des départs en retraite.

L’essentiel

  • 760 000 postes à pourvoir chaque année en France entre 2019 et 2030, selon le scénario de référence de France Stratégie et de la Dares.
  • 90 % de ces besoins seront liés aux départs en fin de carrière, et non à la création de nouveaux emplois.
  • Les ingénieurs de l’informatique (+115 000 postes), les infirmiers et les aides-soignants figurent parmi les métiers en plus forte expansion.

Quels seront les métiers qui recruteront d’ici 2030 ? La question revient en boucle, portée à la fois par la crainte de l’intelligence artificielle et par le vieillissement de la population active. Le rapport « Les métiers en 2030 », publié par France Stratégie et la Dares, apporte une réponse précise : le marché du travail français sera d’abord façonné par le remplacement des professionnels qui partent à la retraite, bien plus que par la création de nouveaux postes.

Concrètement, ce sont 760 000 postes qui devraient être à pourvoir chaque année en moyenne, et près de 90 % de ces besoins correspondent à des départs en fin de carrière. Autrement dit, le principal défi des recruteurs ne sera pas tant d’inventer de nouveaux métiers que de transmettre des compétences déjà existantes à une nouvelle génération.

760 000 postes à pourvoir chaque année, surtout pour remplacer les départs

Le rapport « Les métiers en 2030 » distingue deux moteurs du recrutement : les créations nettes d’emplois d’un côté, et les départs en fin de carrière de l’autre. C’est ce second moteur qui domine très largement. Sur les 760 000 postes à pourvoir chaque année, environ 90 % découlent du départ des professionnels expérimentés, qu’il faut ensuite remplacer.

Certains métiers sont particulièrement exposés à ce phénomène. Chez les agents d’entretien, par exemple, ce sont 490 000 postes qui devraient être à pourvoir entre 2019 et 2030, dont 460 000 liés aux seuls départs en fin de carrière. Le constat est similaire pour les enseignants, dont l’effectif avoisine le million de personnes : même avec une part de départs à peine au-dessus de la moyenne, le volume de remplacements à assurer est considérable.

Santé, informatique, bâtiment : les métiers qui vont recruter

Du côté des métiers en plus forte expansion, la tendance est claire. Les ingénieurs de l’informatique arrivent en tête, avec 115 000 postes supplémentaires attendus d’ici 2030, soit une hausse de 26 % par rapport à 2019. Viennent ensuite les infirmiers et sages-femmes (+18 %), les aides-soignants (+15 %) et les cadres commerciaux et technico-commerciaux (+17 %).

Le secteur du soin et de l’accompagnement est porté par le vieillissement de la population. Le métier d’aide à domicile devrait ainsi créer près de 100 000 emplois supplémentaires (+18 %). La rénovation énergétique et la modernisation des infrastructures soutiennent, elles, la demande d’électriciens, de techniciens et d’ingénieurs qualifiés. Des besoins déjà visibles ailleurs, comme dans les transports, où 100 000 postes restent à pourvoir d’ici 2030.

  • Santé et accompagnement : infirmiers, aides-soignants, aides à domicile.
  • Informatique et industrie : ingénieurs de l’informatique, techniciens de maintenance.
  • Bâtiment et énergie : électriciens, ingénieurs qualifiés.

L’intelligence artificielle va-t-elle vraiment bouleverser l’emploi ?

Reste la question qui agite tous les débats : celle de l’intelligence artificielle. Les projections de France Stratégie et de la Dares rappellent que les métiers d’avenir ne sont pas forcément des professions récemment inventées. Beaucoup existent depuis plusieurs générations et continueront de recruter massivement, simplement parce que leurs titulaires partiront à la retraite.

Une étude menée par Antonin Bergeaud, professeur associé à HEC Paris, et des chercheurs de la Banque de France, publiée en octobre 2026, apporte un éclairage plus récent sur les effets de l’IA. Elle confirme que la transformation est réelle, mais que ses conséquences sur l’emploi doivent être examinées avec précision, métier par métier. Pour les actifs, l’enjeu dépasse la simple crainte technologique : il s’agit de choisir une voie durable, à l’image des cadres qui bifurquent de plus en plus vers l’artisanat à la recherche de sens.

Cet article vous a-t-il été utile ?Soyez le premier à noter cet article.