mardi 3 novembre 2026 S’abonner à la newsletter
Actualités de l'emploi

Assurance chômage 2026 : 5 mois de travail suffisent désormais pour les primo-entrants

Depuis le 1er avril 2026, les demandeurs d'emploi qui n'ont jamais été indemnisés par l'assurance chômage peuvent ouvrir un droit avec seulement 5 mois de travail, contre 6 mois auparavant.

L’essentiel

  • 5 mois de travail (108 jours ou 758 heures) suffisent désormais, au lieu de 6 mois (130 jours ou 910 heures).
  • La durée minimale d’indemnisation passe à 152 jours, contre 182 jours dans le régime général.
  • La mesure concerne les primo-entrants, sans aucun droit à l’ARE ouvert au cours des 20 dernières années.

L’assurance chômage s’ouvre un peu plus aux nouveaux arrivants sur le marché du travail. Depuis le 1er avril 2026, les demandeurs d’emploi dits primo-entrants peuvent percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) après seulement 5 mois de travail, alors qu’il en fallait 6 jusque-là. Un assouplissement attendu depuis l’accord entre partenaires sociaux de novembre 2024, et rendu effectif par une loi d’octobre 2025 suivie d’un décret du 28 mars 2026.

Qui est considéré comme primo-entrant à l’assurance chômage ?

La notion de primo-entrant ne dépend pas de l’âge. Est considéré comme primo-entrant tout salarié privé d’emploi qui n’a jamais bénéficié de l’assurance chômage, ou qui n’en a pas bénéficié depuis plus de 20 ans, comme le précise le site officiel Service-Public.

Un point important : ce n’est pas le versement de l’allocation qui compte, mais l’ouverture d’un droit. Une personne qui a ouvert des droits par le passé, même sans toucher un euro, n’est plus considérée comme primo-entrante. À l’inverse, une simple inscription à France Travail sans ouverture de droits ne fait pas perdre ce statut.

5 mois au lieu de 6 : ce qui change concrètement

Concrètement, un primo-entrant doit désormais justifier de 108 jours travaillés, soit 758 heures, au cours des 24 derniers mois, contre 130 jours et 910 heures dans le régime général. Pour les demandeurs d’emploi de 55 ans et plus, cette période de référence est portée à 36 mois.

Ces jours n’ont pas besoin d’être consécutifs : ils peuvent provenir de plusieurs CDD, missions d’intérim ou contrats saisonniers, comme ceux proposés chaque année par des enseignes telles que Mondial Relay pour les fêtes de fin d’année. En contrepartie, la durée minimale de versement est ramenée à 152 jours, soit environ 5 mois, au lieu de 182 jours pour les autres allocataires.

Prévue dès la convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024, cette mesure n’avait pas pu entrer en vigueur faute de base légale suffisante. C’est la loi du 24 octobre 2025, complétée par un décret du 28 mars 2026, qui l’a finalement rendue applicable pour toutes les fins de contrat intervenues à compter du 1er avril 2026.

Cet assouplissement intervient dans un contexte de dégradation du marché du travail, où 25 800 postes salariés privés ont été perdus au 3e trimestre 2026. Selon les estimations relayées par les partenaires sociaux, la mesure pourrait permettre à environ 16 000 personnes supplémentaires chaque mois d’accéder à une indemnisation.

Quelles démarches pour en bénéficier ?

Bonne nouvelle : aucune démarche particulière n’est nécessaire. France Travail vérifie d’abord si vous atteignez les 6 mois de travail de la règle générale. Si ce n’est pas le cas et que vous êtes primo-entrant, l’organisme recherche ensuite les 5 mois sur la même période.

  • Avoir perdu son emploi involontairement (fin de CDD, licenciement, rupture conventionnelle).
  • Être inscrit comme demandeur d’emploi et rechercher activement un travail.
  • Être apte à travailler et ne pas avoir atteint l’âge de la retraite à taux plein.

Pour le calcul du montant, France Travail s’appuie sur le salaire journalier de référence, obtenu en divisant les salaires bruts perçus sur la période de référence par le nombre de jours calendaires écoulés. Deux formules sont ensuite comparées, 40,4 % du salaire journalier augmenté de 13,18 euros ou 57 % de ce même salaire, et le montant le plus favorable est retenu. Seuls le seuil d’accès et la durée minimale diffèrent donc pour les primo-entrants.

Les personnes qui atteignent les 130 jours relèvent du régime classique et conservent une durée d’indemnisation plus longue, dans la logique des règles d’indemnisation dont France Travail peut prolonger le versement jusqu’à 67 ans pour certains profils.

Cet article vous a-t-il été utile ?Soyez le premier à noter cet article.