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Salaires

Grève dans l’enseignement privé sous contrat : une première historique le 5 novembre 2026

Le jeudi 5 novembre 2026, l'ensemble des syndicats de l'enseignement privé sous contrat appellent à la grève pour obtenir des salaires minima négociés au niveau de l'inflation : une première dans l'histoire du secteur.

L’essentiel

  • 17 % des élèves français sont scolarisés dans l’enseignement privé sous contrat.
  • 1,2 % à 1,3 % : la revalorisation proposée par les employeurs en six mois, soit environ 20 à 22 euros bruts par mois.
  • 2,41 % : la hausse du Smic, pendant que les syndicats réclament l’indexation des salaires minima sur l’inflation.

La mobilisation sociale qui traverse la France gagne désormais l’enseignement privé sous contrat. Les quatre organisations syndicales du secteur ont annoncé vendredi 23 octobre leur ralliement à la journée de grève du jeudi 5 novembre 2026, une décision présentée comme une « première » dans l’histoire du privé. Leur revendication centrale : négocier les salaires minima au niveau de l’inflation, alors que les discussions annuelles sur les salaires et les conditions de travail ont échoué.

Une première historique dans l’enseignement privé

L’enseignement privé sous contrat scolarise environ 17 % des élèves français. Un poids qui rend d’autant plus symbolique l’appel lancé par la Fep-CFDT, le SNEPL-CFTC, le SNPEFP-CGT et le SYNEP CFE-CGC : c’est la première fois que l’ensemble des syndicats du secteur s’entend pour appeler à la grève à la même date.

Dans un communiqué commun, les organisations expliquent avoir « tenté de négocier les salaires minima au niveau de l’inflation dans le cadre des négociations annuelles sur les salaires et les conditions de travail, sans succès ». Elles dénoncent « la déloyauté et le manque de sérieux » des propositions patronales, un ton inhabituellement ferme dans un secteur longtemps marqué par un dialogue social feutré.

Des salaires qui décrochent face à l’inflation

Le fossé entre les propositions des employeurs et les attentes des salariés s’est creusé au fil des mois. En six mois, les syndicats employeurs FNEP et UPES sont passés d’une revalorisation de 1,2 %, soit environ 20 euros bruts par mois, à 1,3 %, soit une augmentation de 2 euros bruts supplémentaires, précise le communiqué syndical. Pendant ce temps, le Smic est augmenté de 2,41 %.

  • 1,2 % : première proposition patronale, soit environ 20 euros bruts par mois.
  • 1,3 % : nouvelle offre, soit seulement 2 euros bruts de plus.
  • 2,41 % : la hausse du Smic sur la même période.

Ce décalage nourrit le sentiment d’un décrochage du pouvoir d’achat, alors que la question de l’indexation des salaires sur l’inflation revient au cœur des débats. Le gouvernement envisage d’ailleurs une hausse anticipée du Smic d’environ 15 euros par mois, un geste qui accentue la pression sur les branches dont les grilles salariales progressent moins vite que le salaire minimum.

Le 5 novembre, une mobilisation élargie

Cette grève s’inscrit dans une journée de mobilisation nationale portée par la quasi-totalité des syndicats français, sur les questions de pouvoir d’achat et de salaires. La numéro 1 de la CGT, Sophie Binet, estime que « l’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais » de la contestation sociale menée depuis plusieurs semaines par les lycéens, les étudiants et les syndicats.

Pour les enseignants du privé sous contrat, l’enjeu est double : obtenir des revalorisations à la hauteur de l’inflation et peser dans un dialogue social qu’ils jugent au point mort. Une dynamique qui rappelle que le pouvoir d’achat des salariés reste la préoccupation centrale de cette rentrée sociale 2026, entre hausse du Smic et crainte d’un surcoût du travail.

Reste à savoir si cette première historique sera suivie d’effets au-delà du 5 novembre. Les syndicats du privé sous contrat espèrent que la mobilisation ouvrira enfin la voie à de véritables négociations salariales, à la hauteur de la place occupée par un secteur qui scolarise près d’un élève français sur six.

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