Coût du travail : 550 euros de surcoût par salarié menacent les augmentations 2026
Le Medef, Les Entrepreneurs et l'U2P tirent la sonnette d'alarme : les mesures du budget 2027 de la Sécurité sociale pourraient coûter 550 euros par salarié et freiner les augmentations de salaire.
- 550 euros par salarié et par an : le surcoût moyen des mesures du PLFSS 2027 estimé par le patronat.
- Plus de 11 milliards d’euros : le montant total des dispositions contestées par le Medef, Les Entrepreneurs et l’U2P.
- 2,41 % : la revalorisation du SMIC appliquée au 1er juin 2026, avant une nouvelle hausse attendue d’ici janvier 2027.
Vendredi 23 octobre 2026, les trois organisations patronales représentatives ont publié un communiqué commun pour demander au gouvernement de renoncer aux mesures qui alourdissent le coût du travail dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027. Leur message est sans ambiguïté : en renchérissant le travail, l’exécutif menace directement les augmentations de salaire que les entreprises pourraient accorder à leurs salariés. Alors que les discussions budgétaires s’ouvrent au Parlement, ce coup de semonce du patronat donne le ton des négociations à venir.
Un communiqué commun pour dénoncer le renchérissement du travail
Le Medef, Les Entrepreneurs (ex-CPME) et l’U2P ont pris la plume ensemble, une démarche relativement rare qui souligne la gravité du message. Les trois organisations représentatives des employeurs dénoncent les dispositions inscrites dans le PLFSS 2027, qu’elles jugent de nature à augmenter massivement le coût du travail pour les entreprises.
Leur argument central tient en une phrase : « En augmentant le coût du travail, le gouvernement menace les augmentations de salaire ». Selon elles, les entreprises seraient confrontées à une double peine, contraintes d’assumer des salaires minimums plus élevés tout en supportant davantage de cotisations.
Le SMIC a déjà été revalorisé de 2,41 % au 1er juin 2026, et les prévisions d’inflation laissent envisager une nouvelle augmentation au 1er janvier 2027, voire dès le 1er décembre. Pour le patronat, ce contexte de hausse des salaires minimums rend d’autant plus lourde l’accumulation des charges nouvelles.
Les trois organisations s’inquiètent en particulier de la conjoncture économique, qu’elles jugent déjà difficile. Elles redoutent que ces charges supplémentaires compliquent les négociations salariales annuelles et alimentent les tensions sociales au sein des entreprises.
550 euros par salarié : le chiffrage détaillé du patronat
Dans leur communiqué, les trois organisations chiffrent les mesures visées à plus de 11 milliards d’euros, soit en moyenne 550 euros par salarié et par an. Ce montant, déjà avancé par le Medef en début de semaine, regroupe l’ensemble des dispositions du PLFSS 2027 qui pèsent sur le coût du travail.
Concrètement, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale prévoit deux évolutions majeures :
- la prolongation du gel des allègements de cotisations patronales ;
- l’intégration de l’intéressement et de la participation dans le calcul de ces allègements, comme c’est déjà le cas pour la prime de partage de la valeur.
L’inquiétude du patronat ne porte pas seulement sur les cotisations. L’intégration de l’intéressement et de la participation dans le calcul des allègements touche aussi les dispositifs d’épargne salariale dont bénéficient des millions de salariés. Une entreprise qui verse un intéressement à ses équipes pourrait, à terme, voir ses allègements de cotisations réduits, ce que le patronat juge contre-productif.
Le président du Medef, Patrick Martin, avait déjà alerté sur ce point en début de semaine. Vendredi matin, sur France Info, il a de nouveau dénoncé le risque de « pagaille dans les entreprises » qui résulterait d’une augmentation concomitante du SMIC, présentée comme un moyen d’acheter la paix sociale, et du coût du travail.
Ce que cela change pour les salariés et les entreprises
Au-delà du chiffrage, l’enjeu porte directement sur les salaires. Le patronat craint que ces charges ne réduisent les marges de manœuvre des entreprises au moment d’ouvrir les négociations annuelles obligatoires, au détriment des hausses de salaire attendues par les salariés.
Les organisations patronales appellent donc solennellement le gouvernement et les parlementaires à renoncer à ces dispositions. Elles estiment que le redressement des finances publiques doit reposer avant tout sur une maîtrise des dépenses publiques plutôt que sur un renchérissement du travail.
Pour les salariés, l’enjeu est concret : si les entreprises absorbent ces surcoûts, leurs marges de manœuvre pour accorder des hausses de salaire en 2027 pourraient se réduire, dans un contexte où le pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure. Le sujet s’annonce central dans les prochaines semaines, alors que le PLFSS doit être examiné au Parlement.