Stellantis : 10 000 salariés et intérimaires au chômage partiel, ce qu’ils touchent en 2026
Stellantis suspend la production de quatre usines françaises jusqu'à la fin d'octobre, plaçant plus de 10 000 salariés et intérimaires en chômage partiel ou technique : voici ce que ces derniers vont réellement toucher pendant l'arrêt.
- Quatre usines à l’arrêt : Rennes, Sochaux, Poissy et Mulhouse, jusqu’à la fin du mois d’octobre 2026.
- 8 400 salariés en chômage partiel, auxquels s’ajoutent 1 900 intérimaires en chômage technique.
- Les salariés concernés percevront une indemnité de 84 % de leur salaire net, selon Le Monde.
Le groupe automobile Stellantis a annoncé la suspension temporaire de quatre de ses sites de production en France : Rennes, Sochaux, Poissy et Mulhouse. Plus de 10 000 salariés et intérimaires sont concernés par ce coup d’arrêt, qui court jusqu’à la fin du mois d’octobre 2026. Derrière l’annonce, une question revient chez les ouvriers comme chez les salariés concernés : combien vont-ils réellement toucher pendant cette période d’activité partielle ?
Quatre usines à l’arrêt : le détail du chômage partiel chez Stellantis
Selon les informations de BFMTV, quatre sites de production français sont concernés par cet arrêt temporaire, tous jusqu’à la fin du mois d’octobre. L’usine de Mulhouse, dans le Haut-Rhin, est à l’arrêt depuis la fin de la semaine dernière pour une durée de deux semaines. Celle de Poissy, dans les Yvelines, est interrompue depuis ce lundi.
Les sites de Rennes, en Ille-et-Vilaine, et de Sochaux, dans le Doubs, doivent quant à eux s’arrêter respectivement ce jeudi et ce vendredi pour une dizaine de jours. Au total, d’après France 3 Bretagne, ce sont 8 400 salariés qui se retrouvent en chômage partiel pour plusieurs semaines, auxquels s’ajoutent 1 900 intérimaires placés en chômage technique. Voici le détail des quatre sites concernés :
- Mulhouse (Haut-Rhin) : arrêt de deux semaines, production des Peugeot 308 et 408.
- Poissy (Yvelines) : arrêt depuis ce lundi, assemblage de l’Opel Mokka.
- Rennes (Ille-et-Vilaine) : arrêt à compter de ce jeudi pour une dizaine de jours.
- Sochaux (Doubs) : arrêt à compter de ce vendredi pour une dizaine de jours.
Chômage partiel : combien touche réellement un salarié à l’arrêt ?
C’est la question la plus concrète pour les personnes concernées. Selon Le Monde, les salariés de Stellantis placés en chômage partiel percevront une indemnité correspondant à 84 % de leur salaire net pendant la période d’arrêt. Cette allocation d’activité partielle est versée par l’employeur, qui en est ensuite remboursé par l’État dans la limite d’un plafond légal.
Concrètement, un salarié rémunéré 2 000 euros net par mois toucherait ainsi environ 1 680 euros net. Une baisse de revenu sensible, mais qui préserve l’essentiel : le salarié en chômage partiel n’est pas licencié, conserve son contrat de travail et retrouve son poste à la reprise de l’activité.
La situation est en revanche bien plus défavorable pour les 1 900 intérimaires placés en chômage technique. Ils ne bénéficient pas de l’indemnité d’activité partielle : leur mission s’interrompt simplement, sans garantie de rémunération équivalente. C’est la partie la plus fragile de l’effectif touchée par cet arrêt des usines.
À noter : le chômage partiel se distingue du chômage classique. Le salarié reste lié à son employeur et ne s’inscrit pas à France Travail, contrairement à un licenciement économique. Il s’agit d’une mesure temporaire, censée éviter les licenciements lorsque l’activité ralentit.
Batteries en tension et stocks à écouler : pourquoi Stellantis met ses usines à l’arrêt
Deux raisons distinctes expliquent cet arrêt. Pour les usines de Rennes et de Sochaux, le coup d’arrêt découle de difficultés d’approvisionnement en batteries électriques. Le fournisseur concerné est Automotive Cells Company (ACC), la coentreprise détenue par Stellantis, TotalEnergies et Mercedes-Benz : l’usine de Douvrin, dans le Pas-de-Calais, ne parvient pas à suivre le rythme imposé par le succès des Peugeot 3008, 5008 et Citroën C5 Aircross, dont les ventes s’envolent dans le contexte de la flambée des prix des carburants.
La logique est différente à Poissy et à Mulhouse, où l’arrêt répond à un objectif de déstockage. À Poissy, dont l’activité d’assemblage doit s’achever au profit d’une reconversion vers le recyclage, la priorité est de vider les entrepôts. À Mulhouse, la production des Peugeot 308 et 408 ralentit alors que de nouvelles générations sont attendues prochainement.
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une période délicate pour le groupe aux 14 marques, qui a consommé 10 milliards d’euros de trésorerie en deux ans, plombé par les impayés et les stocks aux États-Unis, selon BFMTV. Son cours en Bourse a par ailleurs été divisé par six depuis son pic de mars 2024.