Public ou privé : qui gagne vraiment le mieux sa vie ? Les chiffres 2026
Le rapport annuel sur l’état de la fonction publique, publié jeudi 15 octobre, compare la situation des 5,85 millions d’agents publics et des salariés du privé. Le salaire moyen est plus élevé dans le privé, mais le salaire médian l’est dans le public. Le décryptage des vrais écarts.
5,85 millions d’agents, soit un emploi sur cinq
Les trois versants de la fonction publique — hospitalière, territoriale et d’État — représentent 5,85 millions d’agents en 2024. La fonction publique emploie ainsi environ un travailleur sur cinq en France, soit 19,8 % de l’emploi total.
Cette part est stable depuis 2022, mais elle a progressivement diminué depuis le pic atteint en 2014, qui frôlait 21,5 %. La raison tient à la dynamique du privé : selon l’Urssaf, l’emploi salarié privé est passé de 17,8 millions de salariés en 2014 à environ 20 millions dix ans plus tard, une croissance bien plus soutenue que celle du public.
Salaire moyen : le privé devant, mais de peu
Depuis 2015, le salaire mensuel net moyen dans le privé — hors stagiaires, apprentis et salariés agricoles — se situe au-dessus de celui de la fonction publique : 2 814 euros contre 2 742 euros. Un écart modeste, qui masque toutefois de fortes disparités entre les trois fonctions publiques.
Sur les dix dernières années, seuls les agents de la fonction publique territoriale affichent un salaire moyen inférieur à celui du privé. La rémunération moyenne de la fonction publique hospitalière a dépassé celle du privé en 2021, tandis que les agents de la fonction publique d’État ont toujours bénéficié d’un salaire mensuel net moyen supérieur à celui du privé.
Salaire médian : l’avantage bascule dans le public
L’histoire est différente si l’on observe le salaire net médian, c’est-à-dire le montant qui partage les effectifs en deux. Il s’élève à 2 451 euros par mois en 2024 dans la fonction publique : 50 % des agents gagnent moins, l’autre moitié gagne davantage. Dans le privé, le salaire médian est de 2 247 euros.
Cet écart de plus de 200 euros en faveur du public s’explique par la structure des rémunérations : le secteur privé concentre davantage de très bas salaires et de situations à temps partiel, tandis que la fonction publique comprime l’éventail des rémunérations. La moyenne avantage le privé, la médiane avantage le public.
Des conditions de travail sous tension
Le rapport ne s’arrête pas aux salaires. Il documente aussi la pression qui pèse sur certains métiers du service public. Les enseignants font partie de ceux qui subissent le plus de pression temporelle et d’exigence émotionnelle, selon le rapport sur l’état de la fonction publique.
Un constat qui éclaire les difficultés de recrutement et de fidélisation auxquelles la sphère publique est confrontée. La Revue stratégique sur l’avenir de la fonction publique, présentée lundi 19 octobre, rappelle que 2,2 millions d’agents ont plus de 50 ans, soit 38 % des effectifs, et que le nombre de candidats aux concours externes de l’État a baissé de 41 % depuis 2010.