mercredi 4 novembre 2026 S’abonner à la newsletter
Salaires

Smic 2026 : hausse anticipée au 1er décembre, un coup de pouce encore en négociation

Le gouvernement étudie une revalorisation anticipée du Smic au 1er décembre 2026, assortie d'un possible coup de pouce, avec des annonces attendues autour du 5 novembre, jour de mobilisation intersyndicale pour les salaires.

L’essentiel

  • Le Smic s’élève à 12,31 euros brut de l’heure depuis le 1er juin 2026, soit 1 867,02 euros brut par mois.
  • La revalorisation automatique du 1er janvier 2027 est estimée autour de +1 %, mais elle pourrait être avancée au 1er décembre.
  • La CFDT réclame 100 euros net de plus par mois, la CGT et FO 150 euros, quand le patronat s’oppose à tout coup de pouce.

Le salaire minimum est redevenu le sujet brûlant de l’actualité sociale. Le mardi 3 novembre, devant l’Assemblée nationale, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a dit espérer présenter des mesures pour « réenclencher la dynamique salariale » autour du jeudi 5 novembre, jour d’une mobilisation intersyndicale pour les salaires. Le lendemain, son collègue de l’Économie résumait l’enjeu en une formule : « combien et quand » le Smic sera-t-il augmenté.

Un Smic déjà revalorisé deux fois en 2026

Le salaire minimum a déjà augmenté deux fois cette année. Après une hausse de 1,18 % au 1er janvier 2026, le Smic a connu une revalorisation mécanique de 2,41 % au 1er juin, déclenchée par une inflation repassée au-dessus des 2 %. Résultat : le Smic horaire brut s’établit à 12,31 euros, soit 1 867,02 euros brut mensuels, ou 1 477,93 euros net par mois, selon les chiffres de l’Insee.

Le Smic est le seul salaire en France indexé sur l’inflation. Lorsque les prix à la consommation augmentent d’au moins 2 % par rapport au dernier montant, il est revalorisé automatiquement, dans les mêmes proportions, en cours d’année. C’est ce mécanisme qui a déclenché la hausse de juin, après celle de janvier.

La prochaine revalorisation automatique est programmée au 1er janvier 2027. Indexée sur l’inflation, elle est aujourd’hui estimée autour de +1 %, un niveau jugé très insuffisant par les syndicats dans un contexte de flambée des prix de l’énergie, qui pèse déjà sur le pouvoir d’achat des ménages.

Un coup de pouce en débat, entre 100 et 150 euros réclamés

Le gouvernement envisage d’anticiper cette revalorisation d’un mois, au 1er décembre 2026, et d’y ajouter un éventuel coup de pouce. Mais les positions restent très éloignées, comme le montre l’éventail des revendications :

  • CFDT : +100 euros net par mois
  • CGT et Force ouvrière : +150 euros net par mois
  • CFTC : +2 %, ou au minimum +1,6 %
  • La France insoumise : un Smic porté à 1 700 euros net

Face à eux, le patronat s’oppose fermement. Le président du Medef, Patrick Martin, craint qu’une telle hausse combinée au renchérissement du coût du travail ne « crée la pagaille dans les entreprises », d’autant que le Smic a déjà été revalorisé de 2,41 % en juin, une hausse qui s’ajoute à celle de 1,18 % du 1er janvier. Les organisations patronales redoutent ainsi une augmentation globale du Smic de plus de 5 % sur l’année.

Des grilles salariales à la traîne : 122 branches sous le Smic

Le débat dépasse le seul salaire minimum. Selon un calcul de la CGT, 122 branches professionnelles sur un échantillon de 200 avaient encore le bas de leurs grilles salariales sous le Smic à la mi-octobre, la revalorisation de juin n’ayant pas été répercutée par les employeurs. De quoi nourrir la mobilisation syndicale, qui dénonce un patronat n’ayant « rien concédé » dans des dizaines de secteurs.

La journée de mobilisation du 5 novembre, qui s’annonce perturbée dans les transports et plusieurs services publics, doit servir de point d’appui aux syndicats. Le gouvernement promet de son côté des annonces « dans les jours qui viennent ». Une chose est sûre : quel que soit le montant retenu, il s’appliquera à des millions de salariés payés au salaire minimum.

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