Chômage en hausse au 3e trimestre 2026 : jusqu’à 300 000 emplois restent non pourvus
Le chômage a progressé de 0,9 % au troisième trimestre 2026 en France, mais les entreprises peinent toujours à pourvoir entre 200 000 et 300 000 postes : un paradoxe qui redessine la carte des opportunités pour les candidats.
- 3,35 millions de demandeurs d’emploi sans activité (catégorie A) au 3e trimestre 2026, soit 30 400 de plus qu’au trimestre précédent.
- 44 % des entreprises déclarent rencontrer d’importantes difficultés de recrutement, malgré la hausse du chômage.
- Entre 200 000 et 300 000 emplois restent non pourvus en France, avec un bâtiment particulièrement touché.
La France compte désormais 3,35 millions de demandeurs d’emploi en catégorie A, un niveau en hausse de 0,9 % sur le trimestre selon la Dares et France Travail. Pourtant, dans le même temps, des centaines de milliers de postes ne trouvent pas preneur. Ce décalage entre l’offre et la demande change la manière de chercher un emploi, et surtout les secteurs vers lesquels il vaut mieux se tourner.
Le chômage repart à la hausse au 3e trimestre 2026
Les chiffres publiés mercredi 28 octobre 2026 par la Dares et France Travail confirment la dégradation du marché de l’emploi. Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité, la catégorie A, s’établit à 3 353 400 personnes en France hors Mayotte, soit une hausse de 0,9 % sur le trimestre et de 2,1 % sur un an.
En ajoutant les inscrits qui exercent une activité réduite, les catégories B et C, le total des personnes tenues de rechercher un emploi atteint 5 847 500, en progression de 0,8 % sur trois mois. Les moins de 25 ans figurent parmi les plus touchés : la part des jeunes suivis en mission locale est passée de 25 % au troisième trimestre 2025 à 30 % un an plus tard, dans un contexte de hausse globale du nombre de jeunes inscrits.
Une précision s’impose toutefois : hors effet de l’inscription automatique des bénéficiaires du RSA et des jeunes en parcours d’insertion prévue par la loi plein emploi, la hausse de la catégorie A est ramenée à 0,3 % sur le trimestre et à 0,9 % sur un an. La tendance reste néanmoins orientée à la hausse, et elle touche inégalement les territoires comme les âges.
44 % des entreprises peinent pourtant à recruter
Derrière ces courbes, une réalité contre-intuitive : de nombreux employeurs ne trouvent pas de candidats. Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche le 25 octobre 2026, le directeur général de France Travail, Thibaut Guilluy, a rappelé que 44 % des entreprises rencontrent d’importantes difficultés de recrutement, un chiffre en léger repli par rapport aux 50,1 % relevés en 2025.
Le paradoxe se chiffre : entre 200 000 et 300 000 emplois resteraient non pourvus en France. Le bâtiment est le secteur le plus concerné, avec près de 66 % de recrutements jugés difficiles. Selon l’Unédic, 458 000 emplois étaient vacants au deuxième trimestre 2026, et 126 000 offres déposées auprès de France Travail avaient été abandonnées en 2025 faute de candidat adéquat.
Ce décalage tient en grande partie à l’inadéquation entre les compétences disponibles et les besoins des employeurs. Le taux de chômage au sens du BIT a pourtant atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026, selon l’Insee, son plus haut niveau depuis l’automne 2020, alors que France Travail recense environ 2,28 millions de projets de recrutement pour l’année 2026.
Comment tirer son épingle du jeu sur un marché tendu
Pour les candidats, la lecture de ces chiffres est claire : les opportunités se concentrent dans les métiers en tension, où la demande de main d’œuvre reste forte malgré le ralentissement économique. Cibler ces secteurs, adapter ses compétences et soigner sa candidature deviennent les trois leviers décisifs.
- Se tourner vers les secteurs qui recrutent malgré la crise, comme le bâtiment, l’hébergement-restauration ou les services à la personne.
- Envisager une formation courte ou une reconversion pour combler l’écart entre les compétences disponibles et les postes ouverts.
- Soigner son CV et sa lettre de motivation : un dossier impeccable augmente nettement les chances d’être retenu.
France Travail revendique de son côté 6 000 recrutements par jour via son offre dédiée aux entreprises, et prévoit de simplifier le dépôt d’offres pour les très petites entreprises. Le taux d’emploi des 15-64 ans continue lui aussi de progresser : de 65,5 % en 2017 à près de 70 % aujourd’hui, soit environ deux millions de personnes de plus au travail en neuf ans.
- Dares : Les inscrits à France Travail au 3e trimestre 2026
- franceinfo : le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A a augmenté de 0,9 % au troisième trimestre 2026
- Orange Actualités : 200 000 à 300 000 emplois non pourvus selon le directeur général de France Travail
- Insee : tableau de bord de la conjoncture