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Actualités de l'emploi

CDI : les recherches bondissent de 60 % en 2026, 20 ans après le CPE

Vingt ans après la mobilisation géante contre le contrat première embauche, les données de recherche de la plateforme Jooble montrent que la quête d'un emploi stable demeure l'aspiration première des candidats français, avec des recherches de CDI en très forte hausse.

L’essentiel

  • Les recherches de CDI ont progressé d’au moins 60 % en un an, contre 12 % pour l’ensemble des recherches d’emploi.
  • La requête CDI figure chaque mois parmi les 15 recherches les plus fréquentes sur Jooble entre janvier et août 2026, contre deux fois seulement en 2025.
  • En 2006, le CPE a été abandonné le 10 avril après une mobilisation estimée à 3 millions de manifestants.

Au printemps 2006, le contrat première embauche, réservé aux moins de 26 ans et conçu pour encourager l’embauche, avait jeté des centaines de milliers de jeunes dans la rue : il permettait à l’employeur de rompre le contrat sans motif pendant les deux premières années. Le gouvernement a retiré le texte le 10 avril 2006, au plus fort d’un mouvement que les syndicats ont chiffré à 3 millions de manifestants.

Vingt ans plus tard, le marché du travail peine toujours à sortir du calme plat, mais une aspiration n’a pas bougé : décrocher un CDI. Les données de la plateforme Jooble, analysées sur les huit premiers mois de 2026, en apportent une preuve chiffrée aussi nette qu’inédite.

Le CDI, Graal intemporel des candidats

Le constat est sans appel : la stabilité reste le critère numéro un des chercheurs d’emploi. Au cours des huit premiers mois de 2026, la requête « CDI » a figuré chaque mois parmi les 15 recherches d’emploi les plus fréquentes sur Jooble en France. Sur la même période de 2025, elle n’était entrée dans ce classement que deux fois.

La progression dépasse largement la tendance générale du marché : les recherches de CDI ont bondi d’au moins 60 % sur un an, quand l’ensemble des recherches d’emploi n’a progressé que d’environ 12 %. Un écart de cinq à un qui en dit long sur la hiérarchie des priorités des candidats.

Ce retour en grâce du CDI tranche avec la précarité redoutée en 2006. À l’époque, le CPE, pourtant un contrat à durée indéterminée sur le papier, autorisait l’employeur à y mettre fin sans motif pendant deux ans : pour ses détracteurs, un premier emploi privé de cette sécurité n’était pas un véritable CDI.

Saisonnier, alternance, sans diplôme : ce que tapent les candidats

L’autre enseignement de ces données, c’est la manière dont la recherche d’emploi s’est déplacée vers la barre de recherche. En 2006, trouver un job d’été passait par le journal local, le CV imprimé déposé dans les commerces et les campings. En 2026, la requête « saisonnier juillet août » figure déjà parmi les 15 recherches les plus fréquentes dès le mois de janvier, avant de devenir la plus recherchée de toutes à partir de février et de culminer en juin, quelques semaines avant la saison.

Les candidats se décrivent aussi par ce qui leur manque : « sans diplôme » a été la requête la plus recherchée en janvier, février, novembre et décembre 2025, tandis que « sans expérience » et « débutant accepté » sont entrés dans le top 15 la plupart des mois. Aucune de ces recherches ne nomme un métier : elles décrivent ce que le candidat n’a pas encore, signe de la persistance du frein à l’entrée sur le marché du travail, que rappelle la hausse du chômage au 3e trimestre 2026.

Les étudiants restent au cœur du phénomène : « étudiant » figure parmi les quatre recherches les plus fréquentes chaque mois de 2025, et « alternance » a fait son entrée dans le top 15 pour la première fois en 2026. Le calendrier saisonnier s’est également précisé, des vendanges en août au « saisonnier Noël » en novembre, en passant par « surveillant scolaire » et « ATSEM » à la rentrée.

Les métiers qui recrutent n’ont guère changé en vingt ans

Malgré la révolution numérique, les métiers les plus publiés par les employeurs sur Jooble restent des métiers classiques. En tête : technicien de maintenance, cariste et infirmier. En 2026, quinze des 26 intitulés les plus publiés relèvent de l’industrie et de la logistique, des opérateurs de production et de ligne aux soudeurs, préparateurs de commandes et conducteurs de poids lourds. Aucun n’est un métier né à l’ère du numérique.

Le classement évolue, mais lentement : la comptabilité a perdu du terrain entre 2025 et 2026, tandis que le bâtiment a progressé, avec l’arrivée des couvreurs et des techniciens en plomberie et chauffage. Cette continuité recoupe les projections de long terme détaillées dans notre article sur les métiers qui recrutent d’ici 2030 : environ 760 000 postes à pourvoir chaque année, tirés précisément par ces métiers de la production, du soin et de la logistique.

Le déséquilibre entre candidats et offres reste toutefois très inégal selon les villes. Montpellier affiche la concurrence la plus forte, avec environ deux fois plus de recherches par poste vacant qu’à Paris, tandis que Nantes et Paris offrent le rapport le plus favorable aux candidats, signe que les employeurs y doivent redoubler d’efforts pour attirer.

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