jeudi 5 novembre 2026 S’abonner à la newsletter
Actualités de l'emploi

Emploi des jeunes : négociations entre syndicats et patronat, chômage à 21,6 % en 2026

Le chômage des 15-24 ans atteint 21,6 % en France au deuxième trimestre 2026. Syndicats et patronat ont ouvert ce mercredi 4 novembre une négociation nationale dédiée à l'emploi des jeunes.

L’essentiel

  • 21,6 % : le taux de chômage des 15-24 ans au deuxième trimestre 2026, en hausse de 2,5 points.
  • 4 novembre 2026 : ouverture à Paris de la négociation entre syndicats et patronat sur l’emploi des jeunes.
  • Période d’essai : la CGT demande au Medef de renoncer à son allongement, défendu par le patronat.

Le chômage des jeunes reste l’un des points noirs du marché du travail français. Avec un taux de 21,6 % au deuxième trimestre 2026, en hausse de 2,5 points, la situation des 15-24 ans pousse les partenaires sociaux à se saisir du sujet. Calendrier, méthode et premières mesures : tout reste à construire au fil des séances de négociation qui s’ouvrent à Paris.

Une négociation ouverte sous la pression du chômage des jeunes

La négociation entre syndicats et patronat s’est ouverte ce mercredi 4 novembre 2026 à Paris. Autour de la table, les organisations représentatives doivent d’abord s’accorder sur un calendrier et une méthode de travail, avant d’aborder le fond du dossier : comment faire reculer un chômage des jeunes qui reste à un niveau très élevé. Les discussions devraient s’étaler sur plusieurs semaines, sans garantie d’aboutir à un accord contraignant.

Le point de départ est chiffré. Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage des 15-24 ans s’établit à 21,6 %, en hausse de 2,5 points par rapport à la période précédente. Ce niveau, plus de trois fois supérieur à celui de l’ensemble de la population active, place les jeunes en première ligne d’un marché du travail qui se tend depuis plusieurs trimestres.

Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de dégradation plus large, marqué par une hausse du chômage au troisième trimestre 2026. Les syndicats espèrent que la négociation permettra de dégager des engagements concrets, au-delà des constats partagés, pour éviter que la situation des plus jeunes ne continue de se dégrader.

Période d’essai et CDI souple : le bras de fer entre la CGT et le Medef

Premier point de friction : la période d’essai. La CGT demande explicitement au Medef de renoncer à sa proposition d’allonger cette période, une mesure que la confédération juge pénalisante pour les jeunes en quête de stabilité. De son côté, le patronat défend une approche fondée sur la flexibilité de l’embauche, au nom de la création d’emplois.

Le Medef propose ainsi un CDI plus souple, assurant que cette réforme ferait baisser le chômage des jeunes en levant les freins à l’embauche. Une position contestée par les syndicats, qui redoutent un affaiblissement des protections attachées au contrat de travail et une précarisation accrue des premiers postes.

Le débat rejoint les interrogations plus larges sur l’attractivité du CDI, vingt ans après la contestation du contrat première embauche (CPE). Les recherches de CDI ont d’ailleurs fortement progressé en 2026, signe que ce type de contrat demeure une référence pour les candidats, malgré les réticences de certains employeurs à s’engager.

Précarité et formation : les revendications portées par les jeunes

Au-delà du contrat de travail, les syndicats veulent mettre sur la table la précarité et les conditions de travail des jeunes. Les témoignages recueillis par France Inter illustrent une réalité tenace : malgré leurs diplômes, de nombreux jeunes enchaînent petits boulots et contrats courts avant de trouver une situation stable, quand ils n’abandonnent pas la recherche classique.

Léonie, titulaire d’un bac+5, cherche un premier emploi depuis six mois dans le secteur de l’environnement. Elle cumule les petits boulots pour payer son logement parisien et regrette que les recruteurs lui préfèrent systématiquement des profils déjà expérimentés. Elle aimerait que les entreprises jouent le jeu de la formation des jeunes, un levier qui profiterait aussi à l’employeur.

D’autres, comme Kaylone, devenu coach sportif en auto-entrepreneur après dix ans de petits boulots malgré ses diplômes, pointent les discriminations à l’embauche et la place croissante de l’intelligence artificielle dans le recrutement. Ces parcours nourrissent une revendication centrale des négociations : renforcer la formation au sein des entreprises. Plusieurs axes ressortent des discussions :

  • renoncer à l’allongement de la période d’essai défendu par le patronat ;
  • encadrer la précarité et améliorer les conditions de travail des jeunes ;
  • renforcer la formation au sein des entreprises pour faciliter le premier emploi.
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