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Fonction publique

Budget 2027 : la hausse de 20 % du salaire des enseignants adoptée en commission

La commission des Finances de l'Assemblée nationale a voté jeudi 29 octobre un amendement revalorisant de 20 % la rémunération des enseignants, une mesure au fort retentissement politique mais à la portée budgétaire très incertaine.

L’essentiel

  • Les députés ont adopté jeudi en commission des Finances un amendement LFI prévoyant +20 % de rémunération pour les enseignants.
  • En 2024, le salaire moyen des enseignants s’élevait à 3 090 euros net par mois, après une hausse de 4,3 % tenant compte de l’inflation.
  • La mesure reste avant tout symbolique : elle a peu de chances d’être débattue en séance, faute de majorité à l’Assemblée nationale.

Le texte est ambitieux, mais son avenir est incertain. Jeudi 29 octobre, la commission des Finances a adopté un amendement de La France insoumise prévoyant d’augmenter de 20 % la rémunération des enseignants dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2027. Si le symbole est fort, la mesure a toutes les chances de rester lettre morte : sans majorité claire à l’Assemblée nationale, le volet dépenses du budget pourrait ne jamais être discuté en séance publique.

Un amendement porté par La France insoumise

Porté par le député Paul Vannier, l’amendement vise une revalorisation « immédiate » de la rémunération des enseignants. Objectif affiché : rattraper les conséquences du gel du point d’indice, débuté sous Nicolas Sarkozy, prolongé sous François Hollande et aggravé, selon l’élu, depuis le premier quinquennat d’Emmanuel Macron.

« C’est une mesure de justice, indispensable pour permettre aux enseignants qui font vivre le service public d’éducation de pouvoir tout simplement se loger », a défendu Paul Vannier devant la commission. L’élu insoumis a également dénoncé une situation où les enseignants « débutent leur carrière avec l’équivalent d’un Smic », ce qui pèse, selon lui, sur la capacité du système à attirer suffisamment d’étudiants vers le métier.

Une revalorisation jugée infinançable par le RN

Face à cette proposition, le rapporteur des crédits de l’Éducation nationale, le député RN Anthony Boulogne, a dénoncé un amendement « complètement fantaisiste ». « Augmenter de 20 % le salaire des enseignants sur un seul exercice budgétaire n’est pas finançable », a-t-il estimé, tout en reconnaissant que la hausse de la rémunération des enseignants est « un sujet essentiel pour l’attractivité du métier ».

Au Sénat, une approche plus mesurée a émergé : le rapporteur LR des crédits de l’Éducation nationale, Olivier Paccaud, a défendu mercredi un amendement visant à revaloriser les milieux de carrière, en accélérant certains déroulements. Coût estimé : 22 millions d’euros dès la première année, puis 106 millions d’euros à l’horizon 2030.

L’issue du débat illustre surtout la portée politique de la mesure. Comme les autres amendements adoptés en commission, elle doit encore être examinée en séance publique. Mais en l’absence de majorité, le projet de budget a peu de chances d’être adopté par un vote des députés : si la première partie du texte, consacrée aux recettes, était rejetée, les députés ne débattraient même pas du volet dépenses.

Des enseignants qui démarrent leur carrière au niveau du Smic

Derrière le vote, la question du niveau de rémunération des professeurs reste entière. En 2024, le salaire moyen des enseignants a atteint 3 090 euros net par mois, selon les données publiées par le ministère de l’Éducation nationale, après une progression de 4,3 % en tenant compte de l’inflation, portée par les primes et les revalorisations indiciaires.

Une note de la DEPP, le service statistique du ministère, a par ailleurs mis en lumière un écart de rémunération significatif entre les professeurs et les autres cadres de la fonction publique, accentué par des structures familiales et des interruptions de carrière plus fréquentes. À quelques mois de la présidentielle, de nombreux candidats ont promis d’augmenter la rémunération des enseignants, un sujet qui s’annonce central dans la campagne.

Reste que cette revendication s’inscrit dans un débat plus large sur le pouvoir d’achat, au moment où le Smic doit augmenter de 1,5 % en décembre et où 122 branches proposent encore des grilles sous le Smic.

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