Fonctionnaires territoriaux : 2 926 euros bruts par mois en moyenne, un salaire en retrait
Le rapport annuel sur l'état de la fonction publique, édition 2026, confirme que les agents des collectivités gagnent en moyenne moins que leurs homologues de l'État et des hôpitaux, avec un salaire brut moyen de 2 926 euros par mois.
- 2 926 euros bruts par mois : la rémunération moyenne d’un fonctionnaire territorial en 2024.
- 2 194 euros de traitement indiciaire, complétés par environ 733 euros de primes et de rémunérations annexes.
- Les primes pèsent 25 % du salaire brut, de 29,5 % en catégorie A à 23,3 % en catégorie C.
Combien gagnent réellement les fonctionnaires territoriaux ? Le rapport annuel sur l’état de la fonction publique, publié par la DGAFP à partir des données salariales de 2024, apporte une réponse chiffrée. Les agents des collectivités territoriales perçoivent en moyenne moins que ceux de l’État et des établissements hospitaliers, un écart qui tient avant tout à la structure des effectifs et à la nature des métiers exercés. Derrière cette moyenne se cachent de fortes disparités selon la catégorie, la collectivité et le bassin d’emploi.
Un salaire brut moyen de 2 926 euros par mois en 2024
En 2024, un fonctionnaire territorial percevait en moyenne 2 926 euros bruts par mois, selon le rapport annuel sur l’état de la fonction publique publié par la DGAFP. Cette rémunération globale se décompose en 2 194 euros de traitement indiciaire, auxquels s’ajoutent environ 733 euros de primes et de rémunérations annexes.
Le traitement indiciaire correspond au salaire de base, déterminé par la grille indiciaire et l’échelon de l’agent. Il constitue le socle de la rémunération, tandis que les primes viennent la compléter selon le poste occupé, les sujétions et l’engagement professionnel. La fonction publique territoriale regroupe les agents des communes, des départements, des régions et de leurs établissements publics locaux, des métiers très variés qui pèsent sur les moyennes nationales.
Ce niveau moyen reste inférieur à la rémunération des agents de l’État et des agents des établissements hospitaliers. Le rapport met ainsi en évidence des écarts de rémunération persistants entre les trois versants de la fonction publique, au détriment du versant territorial. Un écart qui s’observe depuis plusieurs années et que les éditions successives du rapport confirment, sans se résorber.
Des primes qui pèsent 25 % du salaire brut, avec de forts écarts
Les primes et rémunérations annexes représentent en moyenne 25 % du salaire brut des fonctionnaires territoriaux. Cette part varie nettement selon la catégorie hiérarchique, comme le détaille la DGAFP :
- Catégorie A (encadrement et conception) : 29,5 % du salaire brut.
- Catégorie B (application et encadrement intermédiaire) : 26,6 %.
- Catégorie C (exécution) : 23,3 %.
Autrement dit, plus le niveau de responsabilité est élevé, plus la part des primes est importante. Les agents de catégorie A, qui occupent les postes d’encadrement, dépendent davantage de la rémunération annexe, tandis que les agents de catégorie C reposent plus largement sur leur traitement indiciaire.
Ces primes relèvent notamment du régime indemnitaire lié aux fonctions, aux sujétions, à l’expertise et à l’engagement professionnel, dont la mise en œuvre varie d’une collectivité à l’autre. Certaines collectivités disposent donc de marges de manœuvre indemnitaires plus importantes que d’autres, ce qui peut faire varier la rémunération finale d’agents pourtant placés au même échelon.
Un écart qui s’explique par la structure des emplois et les choix locaux
Le niveau des rémunérations territoriales reste étroitement lié aux grilles indiciaires, à la structure des emplois et aux politiques indemnitaires propres à chaque collectivité. La DGAFP explique cet écart principalement par la nature des métiers exercés et la composition des effectifs, davantage que par un déficit structurel de traitement.
Pour apprécier la compétitivité d’une collectivité, le rapport invite à comparer les rémunérations par métier, par catégorie, par niveau de responsabilité et par bassin d’emploi, plutôt qu’à partir des seules moyennes nationales. L’enjeu est d’identifier les écarts salariaux qui fragilisent réellement le recrutement et la fidélisation des agents.
Dans ce contexte, le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) appelle à une refonte du modèle salarial de la fonction publique territoriale, tandis que le gouvernement propose de relever l’indice minimum de traitement au 1er janvier 2027. Une refonte attendue précisément pour réduire ces écarts et renforcer l’attractivité des métiers territoriaux.