jeudi 5 novembre 2026 S’abonner à la newsletter
Salaires

Salaire des cadres 2026 : la rémunération médiane recule pour la première fois depuis 2010

Le baromètre 2026 de l'APEC, publié ce 5 novembre, confirme un tournant historique : pour la première fois depuis 2010, la rémunération médiane des cadres recule en France.

L’essentiel

  • La rémunération annuelle brute médiane des cadres recule de près de 2 % sur un an, de 55 000 à 54 000 euros.
  • Le pouvoir d’achat des cadres a reculé de 3,6 % entre 2025 et 2026, selon le baromètre de l’APEC.
  • Moins d’un cadre sur deux a été augmenté en 2026, une proportion en net repli par rapport à 2025.

Jusqu’ici plutôt épargnés par les tensions salariales, les cadres voient leur rémunération marquer le pas. D’après le baromètre annuel de l’APEC dévoilé ce 5 novembre 2026, la rémunération médiane annuelle brute, qui additionne le fixe et la part variable, a diminué de près de 2 % sur un an pour s’établir à 54 000 euros. C’est la première baisse enregistrée depuis 2010, dans la foulée de la crise financière.

Une baisse historique, la première depuis la crise de 2010

Les cadres pensaient être relativement à l’abri du ralentissement économique qui frappe le marché du travail. Le baromètre 2026 de l’APEC, publié ce jeudi 5 novembre, vient contredire cette idée. La rémunération annuelle brute médiane, qui englobe le salaire fixe et la part variable, a reculé de près de 2 % sur un an pour atteindre 54 000 euros, contre 55 000 euros un an plus tôt. « La première fois, c’était en 2010, dans la foulée de la crise financière », rappelle Annelore Coury, directrice générale de l’APEC.

Le constat est encore plus sévère une fois l’inflation déduite. Le pouvoir d’achat des cadres a ainsi reculé de 3,6 % entre 2025 et 2026. Autrement dit, même les cadres qui ont obtenu une augmentation ont vu leur pouvoir d’achat s’éroder, car leur rémunération progresse désormais moins vite que la hausse des prix. Le contraste est frappant avec la hausse anticipée du Smic au 1er décembre 2026, pensée justement pour protéger le pouvoir d’achat des salariés les plus modestes.

Cette dégradation s’inscrit dans un contexte plus large de tension sur les salaires. Alors que des mobilisations sociales sont annoncées et que le gouvernement envisage une revalorisation du Smic, les employeurs resserrent leurs budgets d’augmentations. Les cadres, longtemps choyés par un marché en leur faveur, découvrent à leur tour un rapport de force moins favorable.

Moins d’un cadre sur deux a été augmenté en 2026

Derrière ce recul de la médiane se cache un mécanisme simple : les employeurs distribuent moins d’augmentations. En 2026, moins d’un cadre sur deux a bénéficié d’une hausse de salaire, une proportion en net repli. Les cadres sont également moins nombreux à toucher une part variable qu’en 2025, un élément qui pèse directement sur la rémunération globale, en particulier chez les profils les mieux rémunérés dont le bonus représente une part importante du revenu.

Changer d’entreprise reste, sur le papier, le meilleur levier pour être augmenté. Mais ce ressort s’essouffle lui aussi : la mobilité professionnelle a perdu de son effet salarial. Dans un marché où le chômage repart à la hausse au 3e trimestre 2026, les cadres hésitent davantage à quitter leur poste, et les entreprises se montrent plus prudentes dans leurs propositions. Résultat : le levier du départ, autrefois si efficace, rapporte moins qu’avant.

Les 30-49 ans en première ligne, un pas vers l’égalité

Tous les cadres ne sont pas logés à la même enseigne. Ce sont les 30-49 ans qui subissent le plus durement la baisse de pouvoir d’achat, une génération à la croisée des charges familiales, des crédits immobiliers et d’une carrière déjà bien engagée. Les plus jeunes comme les plus âgés s’en sortent, eux, relativement mieux.

Une note positive malgré tout : en 2026, les cadres femmes et les cadres hommes ont été augmentés, pour la première fois, dans les mêmes proportions. Un signal encourageant dans la réduction des écarts de rémunération, même si l’écart salarial global demeure.

Pour beaucoup de cadres, cette érosion du pouvoir d’achat nourrit une réflexion plus large sur leur avenir professionnel, comme l’illustre la vague de reconversions des cadres vers l’artisanat. Face à des budgets d’augmentations plus maigres, négocier sur d’autres leviers, formation, télétravail, jours de congés, peut devenir une alternative concrète pour préserver son équilibre sans attendre une hypothétique hausse de salaire.

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