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Actualités de l'emploi

Marché du travail 2026 : même les diplômés de grandes écoles privilégient la sécurité de l’emploi

Insertion au plus bas depuis 2005, taux d’emploi en recul de 4,2 points : dans un marché du travail qui se dégrade, les diplômés des grandes écoles françaises font désormais de la sécurité de l’emploi leur priorité.

L’essentiel

  • 76 % : le taux net d’emploi des diplômés de grandes écoles six mois après leur sortie, en recul de 4,2 points sur un an.
  • 20,5 % : la part de la promotion 2025 encore en recherche d’emploi, soit 3,6 points de plus sur un an, au plus bas depuis 2005.
  • 80,9 % : la part des diplômés en poste qui signent un CDI, signe que la stabilité prime sur le reste.

Le constat est sans appel. Selon la dernière enquête de la Conférence des grandes écoles (CGE), le taux net d’emploi des diplômés six mois après leur sortie s’établit à 76 %, en recul de 4,2 points sur un an, et près d’un diplômé sur cinq est toujours en recherche d’emploi. Face à cette dégradation, une étude publiée fin octobre montre que les étudiants des grandes écoles ont revu leurs critères : la sécurité de l’emploi s’impose comme une priorité majeure.

Une insertion au plus bas depuis 2005

Les chiffres de la CGE confirment un marché de l’emploi cadre qui se durcit. Le taux net d’emploi des diplômés, tous types d’écoles confondus, tombe à 76 % six mois après l’obtention du diplôme, soit un recul de 4,2 points par rapport à l’année précédente. Dans le même temps, 20,5 % de la promotion 2025 se trouvaient encore en recherche d’emploi, un niveau jamais atteint depuis 2005, comme le souligne Challenges.

Le repli ne touche pas toutes les filières de la même manière. Les ingénieurs, habitués à décrocher un poste sans difficulté, enregistrent un fort recul, plus marqué que celui des diplômés d’écoles de management. La CGE relève toutefois un point rassurant : ces difficultés initiales se résorbent rapidement, puisque le taux net d’emploi de la promotion 2024 remonte à 90,7 % à douze ou dix-huit mois.

La sécurité de l’emploi, nouveau réflexe des diplômés

Ce contexte explique le changement d’état d’esprit relevé par les dernières études sur les motivations professionnelles. Comme le rapporte Le Monde, deux enquêtes publiées le 29 octobre ont interrogé 100 000 étudiants dans neuf grandes économies mondiales, dont 19 000 en France, ainsi que 6 560 cadres français issus des mêmes grandes écoles, en distinguant trois familles de formations :

  • les écoles de commerce ;
  • les écoles d’ingénieurs ;
  • les formations en informatique.

Résultat : la sécurité de l’emploi s’impose comme l’un des critères les plus recherchés, là où le salaire et la mobilité dominaient les classements il y a encore quelques années. Ce mouvement de fond n’est pas isolé. Les recherches de CDI ont bondi de 60 % en 2026, signe que la quête de stabilité traverse désormais toute la génération. Les jeunes actifs plébiscitent le contrat à durée indéterminée, perçu comme un rempart dans un marché incertain.

Des emplois de qualité, mais un marché moins dynamique

Malgré ce trou d’air, les diplômés qui décrochent un poste restent bien lotis. Selon la CGE, 80,9 % d’entre eux signent un CDI et 83,4 % accèdent au statut de cadre en France, des niveaux toujours très supérieurs à la moyenne nationale. Le salaire brut annuel moyen hors primes s’établit à 39 679 euros, en très légère hausse de 0,2 % sur un an.

La satisfaction reste également élevée : 83,8 % des diplômés se déclarent satisfaits ou très satisfaits de leur emploi. En d’autres termes, le modèle de la grande école continue de protéger ceux qui y ont accès, mais la porte d’entrée se referme un peu plus. Les cadres ne sont d’ailleurs pas épargnés : leur rémunération médiane a reculé en 2026 pour la première fois depuis 2010.

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