Recrutement sans CV : 99 demandeurs d’emploi et 15 entreprises réunis autour du handball à Béziers
À Béziers, la deuxième édition de l'opération « Du stade vers l'emploi » a réuni 99 demandeurs d'emploi et 15 entreprises autour du handball, pour recruter sans CV ni préjugés.
- 99 demandeurs d’emploi et 15 entreprises ont participé, mardi 27 octobre, à la deuxième édition de « Du stade vers l’emploi », à Béziers.
- Pendant deux heures, candidats et recruteurs se sont mélangés anonymement sur le terrain de handball, sans CV ni entretien.
- Le chômage atteint environ 11 % sur le bassin d’emploi biterrois, marqué par la saisonnalité et la précarité.
Et si le sport devenait un outil de recrutement à part entière ? À Béziers, l’ASC Béziers Handball a organisé, en partenariat avec France Travail, la Mission locale et Cap emploi, la deuxième édition de l’opération « Du stade vers l’emploi ». Le principe est simple : réunir anonymement demandeurs d’emploi et recruteurs autour d’ateliers sportifs, avant un job dating plus classique, pour contourner le filtre du CV et faire émerger des qualités humaines impossibles à déceler sur le papier.
Le sport pour contourner le filtre du CV
Mardi 27 octobre, à la halle des sports du Four-à-Chaux de Béziers, les baskets ont crissé sur le parquet pour un match un peu particulier. Pas de championnat ni de classement : les participants sont venus chercher un emploi. Pendant deux heures, candidats et recruteurs se sont mélangés sans connaître leurs identités respectives, ballon en main, loin des CV et des entretiens traditionnels.
« C’est une façon de sortir des schémas classiques de recrutement », explique Alexia, conseillère chez France Travail à Béziers. L’objectif est de faire émerger des qualités parfois invisibles sur un curriculum vitae : la capacité à coopérer, à communiquer ou à se dépasser.
Le format anonyme permet aussi de lever les préjugés qui collent à un parcours, un âge ou un diplôme. Sur le terrain, personne ne sait qui est cadre ou demandeur d’emploi de longue durée. « Notre sport transmet les valeurs de cohésion, d’esprit d’équipe et surtout de plaisir », souligne Tom, employé du club. « Un événement comme celui-ci permet aux personnes timides de briser la glace plus facilement, d’enlever la barrière de la gêne. »
Un bassin d’emploi marqué par la saisonnalité et la précarité
Cette initiative répond à des difficultés bien réelles sur le territoire biterrois. « Le chômage est à environ 11 % dans le Biterrois », avance Richard Plas, responsable des relations entreprises chez France Travail. Il évoque notamment une forte saisonnalité, de la précarité, un manque de mobilité, mais aussi un public parfois peu diplômé.
Les secteurs représentés sont variés :
- les trois corps d’armée,
- l’hôtellerie-restauration,
- la garde d’enfants et l’aide à domicile.
Ce contexte local rejoint une tendance nationale : 44 % des entreprises françaises peinent à recruter, selon une étude récente. Face à ces tensions, les méthodes alternatives comme le sport offrent une piste pour élargir le vivier de candidats et toucher des profils qui ne répondent pas aux critères classiques.
Quand le feeling remplace le papier
Une fois les activités sportives terminées, place au dévoilement des identités, suivi d’un job dating avec les quinze recruteurs présents. Et pour certains employeurs, les premiers échanges sur le terrain ont déjà fait la différence.
« Parfois, au moment du job dating, les recruteurs ont déjà fait leur choix et recrutent sans consulter le CV, parce que le feeling est bien passé le matin », raconte Alexia. Le sport agit ici comme un révélateur de savoir-être : motivation, ponctualité, esprit d’équipe, autant de signaux que ne capture pas un simple document.
Cette approche résonne avec d’autres initiatives récentes qui misent sur la simplification de la mise en relation, comme Bambeo, la plateforme de recrutement de la petite enfance lancée à Toulouse. Pour les 99 participants de Béziers, l’essentiel est ailleurs : repartir, peut-être, avec un emploi.