Négociations salariales 2026 : le transport routier propose +4 % pour 2027
À l'issue de la cinquième réunion de négociation, les fédérations de transporteurs proposent 4 % d'augmentation sur les salaires conventionnels du transport routier dès janvier 2027.
- +4 % : la proposition des employeurs sur les salaires conventionnels, contre +3,9 % lors de la réunion précédente.
- +3 % : la hausse proposée pour la grille des frais de déplacement.
- 122 branches professionnelles ont en France des salaires minimums inférieurs au Smic.
Les négociations annuelles obligatoires (NAO) du transport routier de marchandises touchent à leur fin. Réunies le 3 novembre à Paris, les organisations patronales et les syndicats de salariés ont examiné une proposition de 4 % d’augmentation sur l’ensemble de la grille conventionnelle, applicable au 1er janvier 2027. La signature de l’accord de branche est désormais imminente. Les salariés concernés, conducteurs, déménageurs ou agents du transport de fonds, attendent désormais de connaître le taux qui s’appliquera à leur fiche de paie.
Une proposition de 4 % légèrement rehaussée
Les fédérations d’employeurs représentatives, FNTR, OTRE et Union TLF, ont retrouvé les organisations syndicales CFDT, CGT, FO-UNCP, CFTC et CFE-CGC pour le cinquième et dernier round des négociations salariales. Les transporteurs sont revenus avec un mandat légèrement revu à la hausse : +4 % sur l’ensemble des salaires conventionnels, contre +3,9 % proposés lors de la quatrième réunion.
La grille des frais de déplacement augmenterait de son côté de 3 %, contre 2,4 % en octobre. Ces frais de route concernent également le déménagement et le transport de fonds.
Les négociations annuelles obligatoires fixent chaque année les salaires minimums conventionnels qui s’imposent à tous les employeurs du secteur, au-delà du seul Smic. En dépit des interrogations de certains syndicats, la signature de l’accord de branche devrait intervenir dans les jours à venir.
Le Smic au cœur des discussions
Au-delà du taux, les négociations butent sur la proximité entre les premiers échelons de la grille conventionnelle et le Smic. En France, 122 branches professionnelles ont des salaires minimums inférieurs au Smic, selon les données relayées par la branche. Dans le transport routier de marchandises, les écarts restent très serrés entre le minimum conventionnel et le salaire minimum légal, une situation qui fragilise le pouvoir d’achat des salariés les moins qualifiés. Quand le Smic progresse plus vite que les minima de branche, les salariés des premiers échelons sont rattrapés par le salaire minimum légal : un phénomène de smicisation que les partenaires sociaux cherchent précisément à éviter.
Le syndicat FO-UNCP a demandé une clause de revoyure, notamment par rapport à une éventuelle revalorisation du Smic. Le sujet est d’autant plus sensible qu’une hausse anticipée du Smic au 1er décembre 2026 est déjà sur la table. Le gouvernement prépare par ailleurs un projet de décret pour inciter les entreprises à négocier sur les salaires, un contexte qui pèse directement sur les discussions de branche.
Ce que les syndicats réclament encore
Pour la Fédération nationale des transports et de la logistique FO-UNCP, la proposition reste insuffisante. « 4 % et rien d’autre, pas d’avancée sur les jours de carence, pas d’avancée sur les journées enfants malades, pas d’avancée sur les grilles d’ancienneté et toujours pas de treizième mois, ce n’est pas suffisant », dénonce le syndicat.
L’instauration d’un treizième mois revient de façon récurrente dans les revendications des organisations syndicales, sans jamais avoir été obtenue à ce stade. Les revendications portent notamment sur :
- la reconnaissance de l’ancienneté dans la grille salariale ;
- la prise en charge des jours de carence et des journées enfants malades ;
- l’instauration d’un treizième mois.
Comme dans d’autres branches, le dénouement dépendra de la capacité des partenaires sociaux à trouver un compromis avant la fin de l’année. Les salariés du transport routier, à l’image des cadres dont la rémunération médiane recule en 2026, surveillent de près le contenu final de l’accord.
Cette négociation s’inscrit dans un automne socialement chargé sur le front des salaires. Après la grève du 5 novembre, plusieurs branches réclament des revalorisations à la hauteur de l’inflation, tandis que le débat sur un éventuel coup de pouce au Smic reste ouvert. L’issue de la NAO du transport routier, premier grand secteur à dévoiler sa grille pour 2027, sera scrutée comme un signal pour les autres branches.