Entretien professionnel : le rendez-vous passe à tous les 4 ans au 1er octobre 2026
Depuis le 1er octobre 2026, l'entretien professionnel devient l'entretien de parcours professionnel (EPP) et passe de 2 à 4 ans, avec des règles nouvelles pour les salariés comme pour les employeurs.
- L’entretien professionnel devient l’entretien de parcours professionnel (EPP) et passe à tous les 4 ans, contre 2 ans auparavant, depuis le 1er octobre 2026.
- Il devient obligatoire dans les 12 premiers mois suivant l’embauche, puis après un congé maternité, parental ou un arrêt maladie de plus de 6 mois.
- En cas de manquement sur 8 ans, l’employeur de plus de 50 salariés doit abonder le CPF du salarié à hauteur de 3 000 euros.
Le rendez-vous périodique avec son employeur pour faire le point sur sa carrière change de nom et de rythme. Depuis le 1er octobre 2026, l’entretien professionnel laisse place à l’entretien de parcours professionnel, dont les modalités ont été revues en profondeur. Ce changement concerne tous les salariés, quelle que soit la nature de leur contrat.
Un nouveau nom et un nouveau rythme
Jusqu’à présent, l’entretien professionnel devait se tenir tous les deux ans. Désormais, l’entretien de parcours professionnel s’espace et doit avoir lieu tous les quatre ans. Ce nouveau calendrier allège la charge des services des ressources humaines, mais il modifie aussi le suivi de carrière dont bénéficient les salariés.
Autre nouveauté de taille : cet entretien devient obligatoire dans les douze premiers mois suivant l’embauche, ce qui n’était pas le cas auparavant. Il doit également être proposé après un congé de maternité, un congé parental ou un arrêt maladie de plus de six mois. Deux autres rendez-vous viennent s’ajouter : dans les deux mois qui suivent la visite médicale de mi-carrière, réalisée autour de 45 ans, et dans les deux ans qui précèdent les 60 ans du salarié.
- Dans les 12 premiers mois suivant l’embauche
- Après un congé maternité, parental ou un arrêt maladie de plus de 6 mois
- Dans les 2 mois après la visite médicale de mi-carrière (45 ans)
- Dans les 2 ans précédant les 60 ans du salarié
Sur ce point, aucune surprise : l’entretien de parcours professionnel concerne tous les salariés, en contrat à durée déterminée ou indéterminée, en apprentissage ou en professionnalisation, à temps plein comme à temps partiel.
L’état des lieux récapitulatif passe à tous les 8 ans
Le dispositif s’accompagne d’un second outil : l’état des lieux récapitulatif du parcours professionnel. Il sert à vérifier que le salarié a bien bénéficié des mesures lui permettant d’évoluer dans son poste, à commencer par la formation. Ce bilan s’espace lui aussi : il passe de six à huit ans.
L’objectif, rappelé sur le site officiel service-public.gouv.fr, est de garantir l’adaptation du salarié à son poste de travail et le maintien de son employabilité. Les thèmes abordés lors de ces points d’étape sont élargis : compétences, projets, formation, carrière, accompagnement et conseil en évolution professionnelle (CEP), désormais davantage mis en avant.
Pour Audrey Guidez, présidente de l’Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH), cet élargissement est une bonne chose : le salarié peut aller plus en profondeur sur l’accompagnement de sa carrière et bénéficier d’une meilleure présentation des dispositifs existants, comme la VAE ou le compte personnel de formation.
Ce que risquent les employeurs qui ne jouent pas le jeu
Le dispositif conserve une sanction dissuasive. Si un salarié n’a pas bénéficié, sur les huit dernières années, des entretiens professionnels et d’au moins une action de formation non obligatoire, l’employeur doit abonder son compte personnel de formation. Le CPF du salarié est alors crédité de 3 000 euros, une somme utile pour financer une reconversion ou une montée en compétences.
La réforme divise les spécialistes de l’emploi et de la formation. Côté employeurs, ce calendrier à quatre ans offre une vraie souplesse d’organisation : un entretien professionnel prend entre une heure et demie et deux heures par collaborateur. Côté salariés, certains s’inquiètent d’un suivi plus distant, alors que le monde du travail évolue de plus en plus vite.
Mathieu Naud, président de la Fédération des acteurs de la compétence Nouvelle-Aquitaine, estime que la formation professionnelle sort encore affaiblie de cette réforme. Il rappelle que la majorité des entreprises françaises sont des TPE, qui peinent à suivre ces dispositifs complexes. Son message : ne pas attendre un rendez-vous tous les quatre ans pour développer ses compétences et préparer la suite de sa carrière.
Bon à savoir : rien n’empêche un employeur de proposer ces entretiens plus souvent, ni un salarié d’en demander un dans un délai plus court s’il en ressent le besoin. Le dialogue sur l’évolution professionnelle reste donc possible à tout moment, indépendamment du rythme légal de quatre ans.